Longtemps, Jean-Luc Mélenchon a regardé la vie des intercommunalités avec ennui. Ces enceintes dépolitisées, où le clivage droite-gauche s’efface derrière des lignes budgétaires et des compromis technocratiques, ne lui inspiraient rien de bon. Après tout, un établissement public territorial, comme celui de Plaine commune en Seine-Saint-Denis, s’apparente à un grand syndicat de copropriété géré par des élus. Au lieu de changer le digicode d’un immeuble, ce sont des milliards de crédits d’investissement qui sont distribués pour refaire des voiries, bâtir des gymnases et installer toutes sortes de nouveaux équipements – le plus souvent au consensus. Mais ça, c’était avant que les insoumis n’importent la conflictualité au sein de l’une des premières intercommunalités de la région parisienne. Avant que Bally Bagayoko, le maire LFI de Saint-Denis nouvellement élu, n’abatte la citadelle de Plaine commune.
Mardi soir, l’édile insoumis est allé saluer son rival Karim Bouamrane, le maire PS de Saint-Ouen, comme on achève le vaincu au terme d’un combat de boxe. Par une accolade virile, front contre front. En amont du vote, Bally Bagayoko s’était juré qu’il enverrait l’Audonien dans les cordes dès le premier tour, comme il l’avait fait à Saint-Denis face à Mathieu Hanotin (PS), le 15 mars dernier. A peine la victoire proclamée, à quatorze voix d’écart pour Bally Bagayoko, ses supporteurs ont entonné leur slogan fétiche : « Un coup, c’est KO ! »
Entre le PS et LFI, ni oubli, ni pardon