Une ambition politique, sociale et esthétique
C’est dans la commune des Hauts-de-Seine, à quelques pas de l’Hôtel des Postes conçu par Charles Giroud, que se dresse l’un des monuments les plus éloquents de l’architecture publique du XXe siècle. Inauguré dans les années 1930, le monumental hôtel de ville de Boulogne-Billancourt incarne une ambition politique, sociale et esthétique rare, à la croisée entre modernité et idéal républicain. Visite privée entre les murs en béton armé de ce bâtiment hors du commun.
Une architecture au service d’une ville en mutation
Dans l’entre-deux-guerres, Boulogne-Billancourt connaît une transformation fulgurante. Porté par l’essor industriel, André Morizet, élu maire de la ville en 1919, convoque l’architecte Tony Garnier pour concevoir un bâtiment moderne et innovant. C’est alors dans le paysage urbain encore en construction que se dresse l’hôtel de ville qui fut dessiné entre 1926 et 1931, puis retravaillé une dizaine de fois avant d’être dévoilé au grand jour en 1934, sous la houlette de l’architecte Jacques Debat-Ponsan.

© Alexandra Dautel
L’architecture de l’avenir
Pour André Morizet, la construction d’une nouvelle mairie devient un symbole fort, celui d’une cité tournée vers l’avenir. « La presse de l’époque loue la majesté des façades, l’élégance des salons et l’originalité du grand hall » avant que l’État ne reconnaisse sa beauté quarante ans plus tard, détaille Pierre-Christophe Baguet, le maire de Boulogne-Billancourt et président de Grand Paris Seine Ouest. Inscrite à l’inventaire des Monuments Historiques depuis 1975, l’oeuvre de Tony Garnier, finalisée en collaboration avec Jacques Debat-Ponsan, Bérard, Paul Landowski, Paul Moreau-Vauthier et André Morizet, voit accueillir le mobilier et pièces de décoration des incontournables Jean Prouvé, Joseph Bernard, Robert Mallet-Stevens, Alphonse Gentil, et François Bourdet. Autant de pièces typiques des années 1930 qui côtoient l’architecture figée dans son temps.

© Alexandra Dautel