«À l’heure actuelle, personne ne peut dire avec certitude que l’intégrité des communications des députés est encore garantie», a dit Konstantin von Notz, élu des Verts au Bundestag.
L’ampleur du piratage des messageries Signal de députés allemands est «extrêmement préoccupante» au point de remettre en question la sécurité des communications au sein du Parlement, a dit vendredi à l’AFP le vice-président de la commission parlementaire chargée du contrôle des services de renseignements. La Russie fait figure de suspect numéro 1, alors que Berlin, principal fournisseur d’aide militaire à l’Ukraine, accuse Moscou de mener depuis des années une campagne de cyberattaques, d’espionnage et de sabotage contre l’Allemagne, ce que le Kremlin dément.
«L’ampleur du récent piratage de Signal, telle qu’elle est connue à ce stade, est extrêmement préoccupante. À l’heure actuelle, personne ne peut dire avec certitude que l’intégrité des communications des députés est encore garantie», a dit Konstantin von Notz, élu des Verts au Bundestag (chambre basse) et expert des questions de sécurité nationale.
«Il est impératif d’obtenir rapidement des certitudes quant à qui est touché précisément, notamment en ce qui concerne les données effectivement compromises», a ajouté, dans un mail à l’AFP, le responsable parlementaire très actif sur les dossiers de sécurité liés à la Russie.
«Une sensibilisation accrue du public»
Journalistes, diplomates et militaires sont également concernés par ce piratage via Signal, mais le gouvernement du chancelier conservateur Friedrich Merz s’est jusqu’ici refusé de communiquer sur l’ampleur du problème. Deux partis, son partenaire de coalition SPD et l’extrême gauche, Die Linke, située elle dans l’opposition, ont admis que «quelques-uns» de leurs élus étaient concernés.
«Il faut s’attendre à ce que le nombre réel de personnes affectées continue d’augmenter dans les prochains jours», a prévenu Konstantin von Notz, demandant les services de renseignement et la police à «une sensibilisation accrue du public». Appelant à des investigations d’une «grande rigueur», il n’a cependant pas dit dans quelle mesure son parti était concerné. Interrogé en conférence de presse sur ce piratage et ses implications, les porte-paroles du gouvernement sont restés vagues.
Un porte-parole du ministère de l’Intérieur a indiqué ainsi que la cyberattaque a commencé en février, qu’elle est «encore en cours» et «probablement menée par un acteur étatique». Une mise en garde en ce sens a été émise le 6 février, puis une seconde le 17 avril. Selon lui, elle vise des «politiques, l’armée, la diplomatie ainsi que des journalistes d’investigation».
L’affaire enfle depuis mercredi, l’hebdomadaire der Spiegel, citant des sources anonymes, ayant révélé que la présidente du Bundestag – la chambre basse du Parlement allemand -, Julia Klöckner, figure des conservateurs du chancelier Friedrich Merz, avait été victime d’une telle attaque d’hameçonnage.