Publié le
25 avr. 2026 à 8h02
C’est un parcours atypique. Ancien salarié d’Airbus, Fred Raynal avait quitté ses fonctions au sein de l’avionneur basé à Toulouse pour fonder sa propre société de cybersécurité : Quarkslab. Mais après plusieurs années de développement, revoilà qu’Airbus repointe le bout de son nez. Ce mardi 21 avril 2026, le groupe aéronautique européen a annoncé avoir conclu un accord en vue de l’acquisition de ce nouveau spécialiste de la cybersécurité. Ce qu’il faut savoir à ce sujet.
La deuxième acquisition en moins d’un mois !
Le groupe ne s’en cache pas : cet investissement constitue « une nouvelle étape » de sa stratégie visant à « consolider sa position de partenaire de confiance et souverain auprès des autorités françaises, tout en renforçant sa présence dans le paysage européen de la cybersécurité ».
En moins d’un mois, il s’agit du deuxième accord d’acquisition signé par Airbus Defence and Space dans ce domaine, après le rachat annoncé du britannique Ultra Cyber (environ 200 employés). Cette nouvelle transaction devrait également être finalisée « dans le courant de l’année 2026 ».
C’est quoi Quarkslab ?
Entreprise française spécialisée dans la cybersécurité, Quarkslab a été fondée en 2011 et compte environ 100 employés, principalement basés à Paris et à Rennes. Depuis 2020, la société bénéficie du soutien de Tikehau Capital, un gestionnaire mondial d’actifs alternatifs. Si Quarkslab intéressait Airbus, c’est parce qu’elle « fournit des solutions de cybersécurité pour protéger les organisations, leurs actifs critiques, leurs données et leurs utilisateurs contre les cyberattaques ».
Elle commercialise également QShield, une solution complète destinée aux éditeurs de logiciels, qui permet de protéger leurs logiciels contre les menaces liées à l’IA, de sécuriser les données, les secrets et le code, et de protéger les composants périphériques, notamment dans les secteurs de la défense et de l’aérospatiale, contre des tentatives de rétro-ingénierie par des attaquants ou de l’IA.
Airbus

L’acquisition de Quarkslab va se traduire par l’intégration d’environ 100 employés chez Airbus. (©Airbus)Airbus veut « développer un bouclier numérique »
« L’expertise de très haut niveau de l’équipe de Quarkslab doit renforcer nos activités cyber qui sont en pleine croissance au sein d’Airbus Defence and Space, et de fait, consolider notre position d’acteur cyber souverain en France et dans toute l’Europe », défend François Lombard, directeur de la division Connected Intelligence chez Airbus Defence and Space.
Cette acquisition contribuera à développer le bouclier numérique dont les pays d’origine du groupe et leurs alliés ont besoin pour conserver une longueur d’avance dans le domaine de la cybersécurité.
François Lombard
Directeur de la division Connected Intelligence chez Airbus Defence and Space
Un ex-Airbusien de retour : à l’époque, « on bossait sur l’A380 »
PDG et fondateur de Quarkslab, Fred Raynal connaît déjà la maison, puisqu’il avait déjà travaillé pendant deux ans pour le groupe, entre 2004 et 2006. C’était encore EADS à l’époque. « En revenant chez Airbus, où j’ai fait mes débuts professionnels dans le domaine de la cybersécurité », relate-t-il, « je souhaite développer Quarkslab ».
L’Europe a besoin d’acteurs solides, et je pense qu’Airbus est l’un des rares à pouvoir nous aider à développer notre activité au profit des infrastructures critiques et des gouvernements.
Fred Raynal
PDG et fondateur de Quarkslab
« En 2004, je montais à EADS CCR, le premier groupe de R&D interne », raconte encore Fred Raynal sur Linkedin. « On bossait sur l’A380, Skype et le BlackBerry. Trois produits qui n’ont pas survécu au temps. La cybersécurité, elle, n’est pas près de disparaître. »
Protéger les États « des attaques de plus en plus sophistiquées »
Ce que permet Quarkslab ? L’entreprise propose des solutions sur mesure qui « contribuent à protéger les États et le secteur privé contre des attaques de plus en plus sophistiquées ». Et selon Airbus, « ses ingénieurs et développeurs en cybersécurité sont spécialisés en R&D et sont à la pointe de l’innovation notamment en combinant recherches universitaires et applications concrètes ».
Étant déjà fournisseur et partenaire d’Airbus, Quarkslab viendra « compléter les capacités souveraines françaises d’Airbus » dans le domaine de la cybersécurité.
Après deux rachats et l’ouverture d’une filiale dédiée
Car cette initiative s’inscrit dans une succession d’acquisition ou d’investissements stratégiques dans ce domaine pour le groupe, qui avait inauguré en juin 2025 dans la Ville rose les locaux d’Airbus Protect, la nouvelle filiale du géant aéronautique spécialisée dans la protection cyber.
Airbus Defence and Space, l’une des trois principales divisions du groupe, avait déjà racheté Infodas en Allemagne en 2024 et avait donc annoncé l’acquisition d’Ultra Cyber Ltd au Royaume-Uni en mars 2026. Deux offensives qui renforcent la puissance d’Airbus dans ce secteur très stratégique.
Des équipes positionnées dans cinq pays d’Europe
Avec des équipes spécialisées en cybersécurité toujours plus nombreuses en France, au Royaume-Uni, en Allemagne, en Espagne et en Finlande, Airbus Defence and Space entend étoffer son expertise pour « fournir une sécurité des systèmes numériques et des réseaux complexes » toujours plus optimale à ses clients : des gouvernements, des forces armées, ou encore des institutions.
Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.