Par

Hervé Pavageau

Publié le

25 avr. 2026 à 11h46

Une pétition et deux banderoles appelant à sauver « ce commerce du bourg ». Voilà l’ambiance et le ton au sein du contrôle technique, situé dans le cœur de bourg de Saint-Julien-de-Concelles. Depuis 2005, Laurent Bossis, qui a aussi ouvert un autre centre au Landreau, en est le gérant. Le contrôle technique a remplacé une menuiserie.

Aujourd’hui, le local n’est plus dans les clous au regard de la réglementation en vigueur.

À titre d’exemple, la charte oblige qu’un contrôle technique ait aujourd’hui une entrée et une sortie distincte.

Laurent Bossis, gérant du contrôle technique

Ce dernier cherche à délocaliser son activité depuis une dizaine d’années.

Nécessité de se délocaliser

« L’activité de contrôle n’est plus adaptée dans les centres-villes. Cela génère des nuisances sonores : tests de klaxon, moteur poussé… On est en sursis ici », répète Laurent Bossis, dont l’activité est aujourd’hui gérée par sa fille Carmène, à qui le centre doit être transmis, et un chef de centre.

En 2017, le gérant d’un centre aux 3 000 véhicules, a bien eu une lueur d’espoir avec le projet d’extension de la zone de l’Aulnaie, située entre Saint-Julien-de-Concelles et Le Loroux-Bottereau.

Problème, ce projet, en discussion avec le promoteur, est vite tombé à l’eau.

Il était impossible d’y mettre un centre de contrôle technique de véhicules en raison de la hauteur. À l’époque, le programme prévoyait des cellules de 4 mètres de haut. Pas assez élevé pour l’activité.

Laurent Bossis

Gérant, membre de Sécuritest, l’un des sept réseaux en France.

Faute d’avoir une autorisation pour élever son bâtiment, Laurent Bossis a donc cherché d’autres lieux où déplacer son activité.

Jusqu’à ce qu’il apprenne, il y a quelques semaines, qu’un autre contrôle technique va bien pouvoir s’installer à l’Aulnaie.

Règlement modifié

C’est qu’entre-temps, le règlement d’urbanisme a été modifié. En 2023, dans le cadre de l’arrivée d’un complexe de padel, la hauteur des bâtiments a été relevée.

« Ce qui rend possible aujourd’hui de mettre un contrôle technique. De cela, on ne m’a jamais mis au courant », ne décolère pas Laurent Bossis, qui a appris l’arrivée d’un concurrent par la presse.

Cela fait 21 ans que je suis dans la commune. Des années que je cherche à délocaliser mon activité. Et on ne me propose rien. Un seul coup de fil aurait suffi. La déception est grande. Il y a un même un sentiment d’injustice.

Laurent Bossis

En réaction, le commerçant a donc affiché les banderoles sur son local pour dénoncer la situation.

Interrogé, le promoteur de la zone de l’Aulnaie se dit stupéfait et « décontenancé ».

« Les règles de concurrence s’appliquent »

Que Laurent Bossis ne soit pas content, il a le droit. Mais on est ici dans un programme privé où tout est transparent, et où les règles de concurrence s’appliquent. Des règles qui existent partout. Tous les jours, dans toutes les communes de France, il y a des commerces concurrents qui s’installent.

Le promoteur

Sur le fond, le promoteur confirme qu’il y a bien eu des discussions en 2018 avec le gérant pour que ce dernier se déplace à l’Aulnaie.

Entre la volonté d’investir du candidat et la préférence de location du porteur du programme, les échanges se sont arrêtés.

« D’autant qu’il y a d’autres éléments factuels qui ont aussi joué », ajoute le promoteur, sans en dire plus.

« Un dossier privé » pour la mairie

De son côté, la mairie rappelle que c’est « un dossier privé », sur lequel elle n’a pas la main mise.

On n’était pas dans la discussion entre l’investisseur et lui. Ni au courant de ce que le promoteur voulait mettre dans les cellules restantes.

Thierry Agasse, maire de Saint-Julien-de-Concelles

Élu d’une municipalité qui projette de reconfigurer le secteur de ville, où se trouve actuellement le contrôle technique de Laurent Bossis.

La municipalité accompagne le gérant dans sa recherche de transfert de centre.

« On regarde des terrains de 600 m2. Difficile d’en trouver », reconnaît le maire. L’option d’un terrain dans le secteur de la Quintaine, où un projet de transfert du magasin Lidl était aussi évoqué, est aujourd’hui abandonnée.

« La zone est inondable. Il y a un refus catégorique », commente Thierry Agasse, qui regarde aussi des espaces dans la zone de Beausoleil.

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