Par

Pierre Chemel

Publié le

25 avr. 2026 à 13h01

C’est l’une des cartes postales préférées des Toulonnais. Mais cet été, il faudra patienter avant d’aller piquer une tête dans ses eaux turquoise. L’anse Méjean, nichée à l’est de Toulon (Var), entre cabanons de pêcheurs et falaise abrupte, est officiellement fermée au public. La Ville de Toulon et la Métropole Toulon Provence Méditerranée (TPM) viennent d’annoncer le lancement d’un vaste chantier de sécurisation. Un communiqué diffusé ce vendredi 24 avril fixe le calendrier : les travaux démarrent le 27 avril, pour une durée estimée à environ trois mois.

Quatre zones touchées par des glissements de terrain

À l’origine de cette fermeture, une succession d’épisodes climatiques hors norme. Depuis l’automne 2025, le territoire a essuyé des cumuls de précipitations records, doublés du passage des tempêtes Nils et Pedro en février 2026. Selon France Assureurs et la Caisse centrale de réassurance, ces deux phénomènes ont provoqué à eux seuls 1,2 milliard d’euros de dégâts à l’échelle nationale.

Sur place, les conséquences se sont vite fait sentir. Quatre secteurs ont été abîmés sur plus de 500 mètres, de part et d’autre de l’anse. Deux glissements ont eu lieu près du village de pêcheurs du Cap Brun, deux autres côté port. La falaise, gorgée d’eau, s’est mise à céder. Un arrêté municipal de fermeture a été pris dès le 18 février.

Une zone particulièrement instable

Sur les quatre secteurs identifiés, l’un inquiète davantage les services techniques. À quelques dizaines de mètres du petit port, sur le sentier qui descend vers la plage, un glissement de 1 500 m³ de terre s’est produit. Cette « zone 1 », comme l’appelle la Métropole, nécessite des études géotechniques poussées. Elle restera fermée plus longtemps que les trois autres, le temps que les ingénieurs définissent une solution durable.

Les travaux portent sur la purge des matériaux instables, la dépose des ouvrages endommagés, la mise en place de nouveaux dispositifs de confortement et des interventions au niveau du quai. Coût total : 715 000 euros TTC, à la charge des deux collectivités.

Le plan B : Magaud ou le Mourillon

En l’absence de l’anse Méjean, deux options s’offrent aux Toulonnais. Sa « petite sœur », l’anse de Magaud, reste accessible juste à côté, offrant un cadre sauvage similaire (attention, les places y sont chères). Pour plus d’espace et de services, les plages du Mourillon, avec leurs anses artificielles et leurs jardins, constituent la solution la plus simple, notamment pour les familles.

Réouverture partielle prévue le 15 juillet

Bonne nouvelle pour les amateurs du site : les zones 2, 3 et 4 doivent rouvrir le 15 juillet, en plein cœur de l’été. Pour rejoindre l’anse, il faudra alors traverser la zone 1 — encore en chantier — par le bord de l’eau, sur le sable. Un cheminement provisoire qui doit permettre de retrouver l’accès aux criques sécurisées.

D’ici là, la Ville de Toulon et la Métropole appellent les promeneurs à respecter scrupuleusement les barrières et la signalisation. Pour ce site classé parmi les plus photogéniques du Var, le mot d’ordre est clair : pas de baignade ni de balade avant la mi-juillet. Les habitués devront se reporter sur l’anse voisine de Magaud ou sur les plages du Mourillon.

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