« Un match qui aurait pu… Qui aurait dû. » Sans trop s’étaler sur le sujet, le sélectionneur de l’Irlande Scott Bemand, adversaire du XV de France lors de la 3e journée du Tournoi des 6 nations ce samedi (21h10) à Clermont-Ferrand, est forcément revenu sur la précédente confrontation entre les deux équipes, sept mois plus tôt.

Cinquième nation mondiale, l’Irlande était passée proche de l’exploit lors de la dernière Coupe du monde en Angleterre. À Exeter, il avait fallu un essai du bout du monde de Joanna Grisez et la cécité de l’arbitre vidéo face à la morsure d’Axelle Berthoumieu sur Aoife Wafer pour que les Françaises, menées 13-0 à la pause, renversent finalement 18-13 les filles du Trèfle et leur puissance physique.

Un match « douloureux »

« Ce match a été douloureux… Il l’est encore », explique Wafer, qui sera titulaire ce samedi en Auvergne. Si Bemand estime malgré tout que « cette rencontre n’est pas une revanche », son homologue tricolore, François Ratier, a un avis contraire : « Elles ont un sentiment de revanche, parce qu’elles ont l’impression d’avoir été volées », a-t-il estimé jeudi.

« On va essayer de redorer l’image qu’on a donnée aux spectateurs pendant ce quart de finale, c’est une nouvelle page qu’on devra écrire », a également concédé la centre Teani Feleu durant la semaine, soulignant que les Françaises avaient payé chèrement ce match, avec deux joueuses suspendues pour la suite de la compétition : Axelle Berthoumieu, pour cette morsure finalement détectée, et la capitaine Manae Feleu pour un plaquage haut, lui aussi revu après le match.

Des progrès attendus dans le jeu

Devant leur public, les Bleues veulent poursuivre leur sans-faute, après deux victoires bonifiées contre l’Italie (40-7) et au pays de Galles (38-7). Des succès qui, au-delà du score, n’ont pas été décrochés dans la facilité, la faute notamment à des premières périodes compliquées et des lancements de jeu souvent trop imprécis. Des scories sans conséquence face à des nations comme l’Italie et le pays de Galles, mais qui pourraient coûter cher aux Françaises contre les cadors.

« On a encore des repères à prendre, des automatismes qui ne sont pas encore vraiment là. Il y a des ballons qu’on n’ose pas lâcher, un peu par fébrilité peut-être », glisse la demi de mêlée Alexandre Chambon, qui va jouer devant son public clermontois au stade Marcel-Michelin. Contre l’Irlande, battue en Angleterre (33-12) mais tombeuse de l’Italie (57-20) la semaine dernière, les Bleues vont de toute façon devoir montrer un autre visage pour conserver l’espoir de disputer une finale contre l’Angleterre, le 17 mai prochain à Bordeaux. D’autant plus qu’en face, le XV du Trèfle a, selon les mots de l’arrière Stacey Flood, « envie de montrer qu’il a grandi depuis l’an dernier ».