Les Parisiens, mal embarqués à Jean-Bouin, ont fini par renverser les Palois in extremis (34-32). Se relançant dans la course à la deuxième place au classement.

Le Stade Français s’est fait très peur. Une semaine après avoir été battu dans le derby francilien par le Racing 92 (avec une équipe remaniée), Paris a frôlé la correctionnelle face à Pau (34-32), ce samedi, à l’occasion de la 22e journée du Top 14. Les Béarnais – bien trop indisciplinés avec quatre cartons jaunes – ont inscrit trois essais par Montoya (6e), Maddocks (31e) et Gailleton (52e). Les Parisiens ont, eux, aplati quatre fois : deux essais de pénalité (16e, 78e), puis deux autres par Nicotera (43e) et Ward (59e). La botte de l’ouvreur palois Simmonds (5 pénalités) avait maintenu la Section à flot, mais Carbonel a inscrit, en toute fin de match, la pénalité de la gagne.

Avec ce revers, la Section Paloise de Sébastien Piqueronnies voit sa deuxième place au classement fragilisée, avec désormais seulement un point d’avance sur Paris et provisoirement 4 points d’avance sur Montpellier (3e). Pau recevra néanmoins trois fois lors des quatre dernières journées. Le Stade Français, après deux revers (Dragons en Challenge Cup, Racing 92), se relance dans le sprint final. Mais au prix de grandes frayeurs.


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Sur la lancée de leur épatant succès à Bayonne, le week-end dernier, les Palois commençaient tambour battant sur la pelouse de Jean-Bouin. Après plusieurs temps de jeu en force, l’expérimenté talonneur argentin Julian Montoya (arrivé cet été pour renforcer le paquet d’avants palois) s’écroulait dans l’en-but (7e, 0-5). Un début de match idéal qui était néanmoins suivi par une indiscipline chronique. Hugo Auradou écopait d’un carton jaune pour une faute évitable dans un ruck (15e), dont profitait Louis Carbonel pour réduire l’écart sur pénalité (16e, 3-5). Quelques secondes plus tard, c’était au tour de Julian Montoya de commettre une faute cynique devant son en-but, en écroulant un ballon porté adverse. Luc Ramos n’hésitait pas à sortir le carton jaune et accordait un essai de pénalité au Stade Français (17e, 10-5).

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À 15 contre 13 pendant dix minutes, on pensait alors voir les Soldats Roses dérouler devant leurs supporters. C’est pourtant tout l’inverse qui se produisait. Deux pénalités concédées par les Parisiens permettaient à Simmonds d’enquiller six points au pied (26e, 10-11). Méconnaissables et curieusement dépassés – une attitude inquiétante en vue de la fin de saison -, les Parisiens subissaient les attaques fulgurantes adverses dans les dernières minutes. Et c’est Maddocks, bien servi par un Simmonds impérial, qui terminait sous les poteaux après une action d’envergure suite à un ballon perdu par Carbonel (32e, 10-18). À la pause, les Béarnais basculaient logiquement en tête, malgré les blessures de leur capitaine Gorgadze et de leur flèche Attissogbe, gros points noirs du premier acte.

Une fin de match à couper le souffle

Au retour des vestiaires, le Stade Français frappait d’entrée. Nicotera recevait le ballon au large et aplatissait dans l’en-but en renversant la défense paloise (45e, 17-18). Les Parisiens revenaient alors à un petit point mais concédaient une pénalité dans la foulée, que convertissait facilement Joe Simmonds (48e, 17-21). Cinq minutes plus tard, Émilien Gailleton sortait de sa boîte et inscrivait un joli essai en solitaire, profitant d’une grosse erreur du jeune Mathis Ibo, qui remplaçait Léo Barré, forfait de dernière minute (53e, 17-26). Le Stade Français, bien que sonné, ne lâchait pas l’étreinte et revenait apporter du danger dans le camp adverse. Sur un lancement de jeu similaire à l’essai de Nicotera, c’est Ward qui était lancé plein fer dans la défense et qui aplatissait le troisième essai parisien du jour (59e, 24-26).

Mais la discipline faisait défaut aux joueurs de Paul Gustard, et Joe Simmonds ajustait deux pénalités (dont une de 50 mètres), coup sur coup, pour mettre la Section à l’abri d’un essai transformé (69e, 24-32). Dans les derniers instants, les Parisiens se voyaient pourtant accorder un nouvel essai de pénalité pour une faute de Despérès, qui empêchait Tanga d’aplatir dans l’en-but en lui tapant le ballon avec le pied (78e, 31-32). Paris possédait une dernière munition, relançait le ballon et obtenait finalement une ultime pénalité dans les 22 mètres, en face des perches. Louis Carbonel, sur la sirène, crucifiait la Section Paloise au terme d’une fin de match à couper le souffle (score final 34-32).