Le secret aura tenu près de dix ans. Dans son autobiographie
Caché derrière, le chanteur Laurent
Voulzy raconte pour la première fois qu’il a combattu un
cancer de la prostate, diagnostiqué juste avant
Noël 2016 et soigné en Angleterre, loin des projecteurs.
À 77 ans, le compositeur de Rockollection ou Les
Nuits sans Kim Wilde se dévoile comme jamais dans ce livre. Il
revient sur son enfance en famille d’accueil, un demi-siècle de
complicité avec Alain Souchon, sa foi, ses amours, mais surtout sur
cette maladie dont personne ou presque n’avait connaissance. Un
récit pensé comme un message d’espoir pour ses lecteurs.
Avec Caché derrière, Laurent Voulzy ose enfin raconter
son combat contre le cancer de la prostate
Dès la première ligne de Caché derrière, publié aux
éditions du Cherche midi et coécrit avec sa compagne Isaure Le Faou, le ton est posé.
« Ceux qui me connaissent savent à quel point je suis
pudique », écrit Laurent Voulzy. Pour cet éternel discret,
accepter de mettre des mots sur son intimité, et notamment sur la
maladie, a représenté un véritable pas de côté.
Le livre déroule sa trajectoire, de la Guadeloupe à la France,
de ses débuts à ses triomphes partagés avec Alain Souchon.
« J’ai eu une chance immense d’avoir croisé la route »
d’Alain Souchon, dont « le génie » a été « de si bien me
comprendre, peut-être mieux que moi-même », écrit-il encore. Il
y parle aussi de sa passion pour la spiritualité, lui qui a joué
dans des cathédrales et signé l’album de musique sacrée Lys and
Love. Père de quatre garçons, il
reconnaît ne pas avoir été « un père parfait », trop souvent
happé par une vie sentimentale agitée. Pourtant, il revendique une
énergie profondément optimiste : « J’ai toujours essayé de voir
le bon côté des choses, la vie m’enchante lorsqu’elle est intense.
Regarder la lune et l’océan, rêver me transporte. L’amour aussi, je
suis un amoureux de la vie et de l’amour ».
Décembre 2016 : quand Laurent Voulzy affronte en secret son
cancer de la prostate
Au détour d’un chapitre, le récit bascule. Fin 2016, un appel de
son médecin, suivi d’un message alarmant sur son répondeur, lui
annonce un cancer de la prostate. Le choc
intervient un an à peine après la mort de Betty, sa première
épouse, emportée par un cancer en 2015, ce qui rend l’épreuve
encore plus lourde.
Fidèle à sa pudeur, Laurent Voulzy décide pourtant de garder le
silence pendant les fêtes. Selon plusieurs récits, il ne dit rien à
sa famille, attend la fin de Noël pour rappeler son médecin et
organiser sa prise en charge. Il se fait soigner en
Angleterre, notamment à Londres, où il séjourne
régulièrement. « J’ai été pris en charge à temps en Angleterre.
Et tout va bien. Je trouvais important de l’évoquer dans mon livre
pour dire que l’on peut aussi s’en sortir », confie-t-il à
Paris Match.
Dans le même temps, il continue de monter sur scène malgré la
fatigue, et participe même à des concerts au profit de
l’association Vaincre le cancer NRB, sans révéler qu’il se bat lui
aussi. Un combat mené en coulisses, dont il est sorti
victorieux.
De la scène au dépistage, le message de
Laurent Voulzy aux hommes
Si Laurent Voulzy choisit de raconter aujourd’hui son histoire,
c’est aussi pour briser un tabou masculin autour du cancer
de la prostate. Il insiste sur l’importance du dépistage
après 50 ans, via une prise de sang pour le PSA et un examen chez
l’urologue. En France, ce cancer reste le plus fréquent chez
l’homme, avec environ 60 000 nouveaux cas par an et plus de 8 000
décès, alors que la survie à cinq ans dépasse 90 % lorsque le
diagnostic est posé tôt.
Isaure Le Faou a joué un rôle décisif dans cette mise à nu, en
l’accompagnant tout au long de l’écriture. Ensemble, ils
transforment cette décennie de silence en un récit apaisé, où se
mêlent chagrin, peur, mais aussi résilience.
« Mon univers musical va du chant grégorien à la techno, du
Brésil à l’Angleterre », disait déjà le musicien ; son histoire
médicale, elle aussi, navigue entre ces rives. Aujourd’hui,
Laurent Voulzy assure que « tout va bien ». Sa parole sur la
maladie, longtemps cachée, s’ajoute désormais à sa musique pour
toucher une autre corde sensible chez ses fans, celle de la
prévention et de l’espoir.