Le 22 avril, la Commission européenne (UE) a officiellement annoncé une nouvelle stratégie visant à atténuer l’impact des chocs énergétiques, axée sur la réduction des taxes sur l’électricité et l’augmentation des réserves de gaz pendant l’été. Ce plan intervient dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes qui menacent la stabilité du marché des combustibles de l’Union.
Prioriser les réductions d’impôts et la protection des ménages vulnérables.
Conformément à la nouvelle stratégie annoncée, l’UE s’abstiendra de toute intervention directe et agressive sur le marché, comme le plafonnement des prix du gaz ou la taxation des bénéfices des entreprises énergétiques. Il s’agit d’un changement par rapport à la crise de 2022, durant laquelle la Russie avait interrompu ses livraisons de gaz, provoquant une flambée des prix des carburants à des niveaux records.
Ce plan vise à modifier la réglementation afin que les taxes sur l’électricité soient inférieures à celles sur le gaz. L’UE entend faciliter la mise en œuvre par les États membres d’une taxe sur l’électricité à 0 % pour les secteurs et les ménages les plus vulnérables. Des propositions législatives concrètes de modification de la réglementation fiscale devraient être publiées en mai 2025. Cependant, leur adoption requiert l’accord de tous les États membres, un processus qui devrait se heurter à d’importants obstacles politiques.
Pressions liées aux conflits au Moyen-Orient et aux risques d’approvisionnement.
Le commissaire européen à l’Énergie, Dan Jorgensen, a déclaré que les dégâts causés aux infrastructures gazières par le conflit iranien au Moyen-Orient maintiendront les prix de l’énergie élevés pendant les prochaines années. Même dans le scénario le plus optimiste, où le conflit prend fin rapidement, le marché subira des conséquences durables.

La dépendance de l’Europe aux importations de pétrole et de gaz la rend particulièrement vulnérable aux fluctuations des prix, surtout lorsque le détroit d’Ormuz, voie maritime essentielle pour le transport de ces combustibles, est perturbé. De fait, les prix du gaz en Europe ont augmenté d’environ un tiers depuis l’escalade du conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran le 28 février.
Bien que les prix actuels du gaz restent nettement inférieurs à leur pic de 2022 et qu’il n’y ait pas eu de pénurie grâce à des approvisionnements stables en provenance des États-Unis et de la Norvège, l’UE demeure prudente. Le bloc se coordonnera avec les États membres pour reconstituer les réserves de gaz dans les prochains mois afin d’éviter une flambée soudaine des prix due à une forte augmentation de la demande des entreprises.
Renforcer les capacités nationales grâce aux énergies propres
À long terme, l’UE reste déterminée à accélérer la réduction de sa dépendance au gaz importé en développant les énergies renouvelables et le nucléaire national. Les experts considèrent qu’il s’agit d’une solution fondamentale pour atténuer les risques liés aux futures perturbations de l’approvisionnement en pétrole et en gaz.
Les données de l’organisme de recherche Ember montrent des signes positifs concernant la structure de la production d’électricité. Il est prévu que d’ici 2025, environ 71 % de la production d’électricité de l’UE provienne d’énergies renouvelables et du nucléaire, soit une augmentation significative par rapport aux 60 % de 2022. La part croissante des énergies propres a contribué à freiner la hausse des prix de l’électricité lors des récentes fluctuations du marché, même si ces prix restent soumis à une certaine pression de la part des prix des combustibles fossiles.
Tableau : Part des énergies propres dans la production d’électricité de l’UE
Par ailleurs, l’UE étudie des mesures visant à optimiser la capacité des raffineries nationales et envisage la mise en place de réserves obligatoires de kérosène afin de prévenir les pénuries. Sans exclure des mesures d’intervention plus fortes à l’avenir, l’UE affirme que le soutien budgétaire national et les ajustements fiscaux demeurent les options prioritaires à l’heure actuelle.