Longtemps malmenés et brouillons, les Parisiens ont trouvé la force de renverser la table face aux Palois. Positif pour le sprint final, mais il faudra gommer beaucoup de choses.

L’essentiel est là, la victoire. Mais Paris sait qu’il a frôlé la correctionnelle, qu’il est passé par un trou de souris pour venir à bout, samedi, de la Section Paloise (34-32). Un impressionnant finish pour remonter une différence de huit points à sept minutes du terme. Et sceller la victoire face à Pau sur une pénalité après le gong de Louis Carbonel. «On va dire que c’est une force, mais on peut aussi le voir comme une faiblesse, a reconnu Sekou Macalou après le match. Aujourd’hui, c’était une force de ne rien lâcher devant notre public. Il y avait presque 17 000 personnes, c’était incroyable. On avait à cœur d’aller chercher cette victoire, surtout pour ne pas se couper de la course à la qualification.»

Malmenés par des Palois entreprenants et – comme d’habitude – efficaces sous les ballons hauts, les Soldats Roses ont fait preuve d’un gros caractère pour ne pas lâcher prise et s’effondrer. «Depuis l’an dernier, on a appris de nos erreurs. L’an dernier, on lâchait un peu les matches. On ne veut pas retourner dans cette spirale négative, poursuit le troisième-ligne parisien. À chaque match, on s’accroche, on essaie de faire le maximum. Si on peut le gagner, on va le gagner. On ne va pas laisser un point, on va aller le chercher. On sait qu’un point est très important en Top 14, tout est serré. Donc on ne va rien lâcher.»

Notre force, c’est de jouer devant. Même si cette année, on a une très bonne attaque derrière, notre force a clairement été devant

Sekou Macalou


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Avec ce succès au forceps, Paris conforte sa place dans le top 6 et peut même viser la deuxième place, directement qualificative pour les demi-finales au Stade Vélodrome de Marseille. Avec un calendrier plutôt favorable : les réceptions de Lyon et Bayonne, et des déplacements chez le promu Montauban et à La Rochelle, pour finir. Tout à fait abordable comme sprint final. Mais il faudra en finir avec une forme d’inconstance et gommer un évident déchet dans le jeu.

«En mêlée, on a les deux meilleurs piliers droits du championnat, ils font un travail incroyable»

Si le club parisien a fait d’évidents progrès dans le jeu courant, il reste toujours aussi dominateur grâce à son pack. Notamment en mêlée fermée, où les Béarnais ont été souvent mis au supplice samedi. «Notre force, c’est de jouer devant. Même si cette année, on a une très bonne attaque derrière, notre force a clairement été devant», confirme Sekou Macalou. Et l’international d’ajouter : «On a un bon contre en touche, même si aujourd’hui on a perdu quelques ballons. En mêlée, on a les deux meilleurs piliers droits du championnat (Paul Alo-Emile et Giorgi Melikidze, NDLR), ils font un travail incroyable. La mêlée, c’est une force et on s’est appuyés dessus. C’était très important aujourd’hui pour gagner ce match.»

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Sous les yeux du sélectionneur tricolore Fabien Galthié, les Parisiens ont longtemps été en panne de réalisme et d’efficacité. Même lorsqu’ils se sont retrouvés en double supériorité numérique en première période. «C’était quasiment un match de phase finale. Avec de l’intensité, chaque petit détail, on le payait cher. Pour les matches à venir, ça va être très important de travailler dessus», confirme Macalou qui pointe «un manque de précision» de son équipe. «On a perdu deux ballons et on a pris deux essais directement, déplore-t-il. Du coup, on s’est retrouvés à courir derrière le score pendant tout le match…» Un manque de justesse qu’il faudra gommer pour éviter de faire le yo-yo : demi-finaliste il y a deux ans et seulement 12e la saison dernière.