AA / Ankara
Le Premier ministre de la République turque de Chypre du Nord (RTCN) Unal Ustel a dénoncé une annonce du dirigeant de l’administration grecque chypriote Nikos Christodoulides évoquant un déploiement de soldats français dans le sud de l’île, qualifiant cette initiative de « très dangereuse, provocatrice et inacceptable ».
Selon l’Agence turque chypriote (TAK), Unal Ustel a réagi aux déclarations de Nikos Christodoulides faites après sa rencontre avec le président français Emmanuel Macron, au cours de laquelle il a été indiqué que des soldats français pourraient être déployés en République de Chypre du Sud.
Unal Ustel a estimé que ces déclarations étaient de nature à « porter gravement atteinte à la paix et à la stabilité sur l’île », les qualifiant de mesure « provocatrice » et « inacceptable ».
Il a affirmé qu’il existait une contradiction entre l’évocation d’un nouveau processus de négociation et le fait, selon lui, d’ignorer le peuple chypriote turc, ce qui révélerait les « véritables intentions » de la partie chypriote grecque.
Soulignant que toute présence ou initiative militaire sur l’île nécessiterait le consentement du peuple chypriote turc, il a ajouté que toute démarche entreprise sans cet accord serait « nulle et non avenue au regard du droit international ».
Dans ses déclarations, Unal Ustel a également critiqué les propos et l’attitude d’Emmanuel Macron, estimant que la France, en tant que membre de l’Union européenne, constituait l’un des obstacles à une solution « juste et durable » à Chypre.
Il a affirmé que toute tentative de déploiement militaire de la part d’un État membre de l’Union européenne sur l’île illustrerait une politique « incohérente » de l’UE, ajoutant qu’aucun État membre ne pouvait ignorer les droits souverains et la sécurité de la RTCN.
Unal Ustel a appelé la France et l’Union européenne à abandonner ce qu’il a qualifié d’approche « colonialiste » de la question chypriote et à adopter une position « équitable ».
Il a également averti que toute initiative menée en ignorant les Chypriotes turcs « recevrait la réponse nécessaire », mettant en garde contre le risque de transformer le sud de l’île en base pour des forces étrangères.
S’adressant directement à Nikos Christodoulides, il a estimé que cette politique ne profiterait ni aux autorités chypriotes grecques ni à leur population, appelant à renoncer à ces « initiatives dangereuses ».
* Traduit du turc par Serap Dogansoy