Victime d’une morsure en plein match, le troisième ligne de Clermont-Cournon Thomas Briatte a dû recevoir six points de suture. Choqué, il annonce dans les colonnes de La Montagne vouloir porter plainte, dénonçant un geste « inadmissible ».
Clermont-Cournon nourrissait encore des espoirs de qualification pour les barrages de Fédérale 2, dimanche, à l’occasion de la dernière journée de la phase régulière. En déplacement dans l’Ain pour affronter Nantua, les Auvergnats devaient impérativement s’imposer tout en espérant des résultats favorables ailleurs. Battus nettement (45-17), ils repartent surtout marqués par un incident particulièrement choquant. Dès la 14e minute, alors que Nantua joue une pénalité à proximité de la ligne adverse, une action va dégénérer. Le troisième ligne cournonnais Thomas Briatte, frère du soldat rose Romain Briatte, raconte la scène dans des propos rapportés par La Montagne : « Leur numéro 9 joue vite sur le 8 lancé. Je le plaque fort. Au sol, j’ai senti une morsure sur la joue. Quand je me relève, je pisse le sang et je vois que lui a du sang à la bouche. »

La blessure de Thomas Briatte, le frère de Romain Briatte.
Selon le joueur, il a immédiatement tenté d’alerter l’arbitre : « Je suis allé lui montrer la blessure, mais il m’a dit qu’il n’avait rien vu et qu’il ne pouvait rien faire. » Pris en charge en bord de terrain par le staff médical de Cournon, il a été soigné sur place avant de quitter ses coéquipiers pour rejoindre directement Clermont-Ferrand dans la soirée.
Dépôt de plainte
Aux urgences, le diagnostic tombe : six points de suture et un traitement antibiotique de cinq jours pour prévenir toute infection. Le lendemain, le joueur décrivait encore les conséquences physiques de l’incident : « Avec les points, poursuivait-il dans la Montagne, mon visage me fait mal. J’ai du mal à parler, mais surtout à manger. C’est compliqué. »
Au-delà de la blessure, c’est surtout la gravité du geste qui marque les esprits. Déterminé à donner une suite à l’affaire, Thomas Briatte annonce vouloir engager des poursuites : « Je vais porter plainte. Je veux qu’il soit banni des terrains de rugby. Des gestes comme ça n’ont rien à faire sur un terrain. » Du côté de Clermont-Cournon, l’indignation est forte au lendemain de la rencontre. Plus encore que la lourde défaite sportive, cet épisode inhabituel et violent concentre toutes les réactions au sein du club.