Un bâtiment vétuste, infesté de rats et de cafards, et une quarantaine d’agents pénitentiaires manquants : voici le constat dressé par le syndicat Ufap-Unsa, qui bloque depuis ce matin la maison d’arrêt de Nice. Les agents dénoncent des conditions de travail difficiles et la nécessité d’embaucher plus d’agents.
Au problème de recrutement s’ajoute celui des arrêts maladies. « Environ une dizaine de personnes sont en arrêt depuis trois mois », affirme Nordine SouabOuverture dans un nouvel onglet, représentant du syndicat Ufap-Unsa à la maison d’arrêt de Nice. Une situation qui s’explique, par des conditions de travail stressantes, selon lui. « On n’a pas envie de venir dans des locaux qui s’effondrent, qui sont inondés de rats, qui sont délabrés », confie Linda, brigadier chef, en charge des sorties des détenus. Alors qu’elle fait souvent des journées de près de 12 heures, elle songe de plus en plus à se mettre en arrêt maladie.
« Quand vous faites votre ronde, vous croisez des rats »
Les agents pénitentiaires se retrouvent souvent à devoir combler les postes manquants, en plus de leur propres missions. C’est notamment le cas de Diane, surveillante dans le quartier femme. Sur ses jours de repos, elle vient en renfort à ses collègues du quartier hommes. « On n’est pas obligé, c’est sur le volontariat. On vient en renfort car c’est difficile pour les agents du quartier hommes de travailler dans de telles conditions. Quand vous marchez, que vous faites votre ronde, et que vous croisez des rats qui peuvent vous sauter dessus n’importe quand, c’est pas des conditions ça ! » s’indigne-t-elle.
Selon Nordine Souab, la fatigue accentue les risques au travail, dans un environnement, déjà hostile : « On est tous les jours confrontés à une violence verbale […] Comme ce sont toujours les mêmes qui sont là, ce sont toujours les mêmes qui subissent ce genre de violence […] On a de plus en plus d’agents pénitentiaires qui sont en burn-out parce qu’ils n’en peuvent plus. »
Il y a un mois, un agent pénitentiaire, a été agressé par un détenuOuverture dans un nouvel onglet. Encore choqué psychologiquement, selon les syndicats, il n’est toujours pas revenu travailler à la maison d’arrêt.