Au Frioul, quand on est malade, mieux vaut ne pas être cloué au lit. Car sur l’île rattachée au 7e arrondissement de Marseille, il n’y a pas de médecin généraliste. « Nos médecins traitants sont sur le continent, indique Gérard Prolhac, résident et président de l’association Frioul nouveau regard. Il faut prendre la navette, le métro. » Comme d’autres, il s’est habitué à cette situation. « Il faudrait une vraie collaboration de tous les Frioulais : ce n’est pas un manque de volonté, mais ils se disent que ça a toujours été comme ça et que ça ne changera pas », regrette Christian, dit le Belge, qui vit au large de Marseille depuis dix ans.

Sur l’île de Ratonneau pas de médecin, ni de pharmacien et encore moins de spécialiste, seulement une infirmière du Centre communal d’action sociale (CCAS) de Marseille qui vient quotidiennement prodiguer des soins courants. « Elle va chez les personnes âgées pour un petit contrôle de routine, précise Gérard Prolhac, mais pas le week-end. C’est insuffisant même si c’est mieux que lorsque l’on n’avait rien. »

« On subit l’insularité »

C’était le cas il y a peu. En 2019, un infirmier tout juste retraité avait débarqué au Frioul et, face à un nombre croissant d…