« D’excellentes relations ». L’ambassadeur d’Israël n’a cessé de complimenter la qualité du lien entre son pays et la Côte d’Azur.
Joshua Zarka est venu à Nice pendant deux jours pour rencontrer son nouveau maire, le préfet des Alpes-Maritimes et la communauté juive.
Il se rend ensuite à Monaco ce mercredi 29 avril, où il est aussi ambassadeur, pour célébrer le 78e anniversaire de la création de l’État hébreu.
Le diplomate de carrière depuis 1991, en poste depuis deux ans, revient sur le soutien apporté par les responsables locaux et alerte sur une montée de l’antisémitisme qu’il attribue à l’extrême gauche.

Quels ont été les sujets abordés avec le préfet et le maire de Nice ?
Les relations très chaleureuses entre la ville de Nice et Israël notamment à travers son jumelage avec Netanya. Je connaissais Éric Ciotti auparavant, il a répété son soutien à Israël, et moi, l’importance de cette relation.
Comparé à son prédécesseur Christian Estrosi, Éric Ciotti s’est montré moins expressif sur son soutien à Israël lors de sa campagne. Attendez-vous de lui un engagement plus important ?
Je n’ai aucun doute sur son soutien, c’est un grand ami d’Israël. Il est maire et à travers cette position, il doit s’occuper de Nice, pas des affaires étrangères. Je n’attends pas de lui qu’il prenne position au niveau national.
L’affichage des drapeaux israéliens sur la façade de la mairie avait suscité beaucoup de réactions. Regrettez-vous la décision de justice qui a obligé à les retirer ?
C’est derrière nous maintenant. Le fait que le maire de Nice a pris cette décision pour montrer son soutien à Israël dans une guerre essentielle après le 7 octobre, est quelque chose de magnifique, je l’ai remercié plus d’une fois. C’était un reflet de ce que pensent les Niçois. Mais il est totalement compréhensible que la justice française interdit l’affichage de drapeaux étrangers sur les mairies.
Lors des élections municipales, le Rassemblement National qui a eu des positions antisémites dans son histoire, a fait une percée dans les urnes et a remporté plusieurs villes localement. Comment voyez-vous ces résultats ?
Je ne sais pas si le RN a eu des positions antisémites, le Front national en avait.
C’est bien le même parti politique.
Il n’a pas simplement changé de nom. Il y a eu un changement de caractère, même d’idéologie. Le Rassemblement national depuis le 7 octobre, a eu des positions de soutien envers Israël et la communauté juive que nous avons remarquées.
Donc selon vous, il n’y a pas de risque de recrudescence de l’antisémitisme avec la montée de l’extrême droite en France ?
Il y a un risque avec la montée de l’extrême gauche. L’antisémitisme a changé de côté. La définition gauche droite est désormais un peu artificielle. Les positions antisémites prises par certains partis politiques aujourd’hui, sont semblables à celles des partis définis à d’extrême droite dans les années 30. Il y a une crainte que l’antisémitisme devienne quelque chose d’éhonté et ça vient de l’extrême gauche.
Cette vague de haine peut-elle s’expliquer par la guerre que mène Israël ?
L’antisémitisme a explosé le 7 octobre même. Avant qu’Israël réagisse, avant même qu’on connaisse le bilan humain. Donc ce n’est pas lié au conflit mais à une haine fondamentale des juifs. Le massacre a encouragé les antisémites qui se cachaient à sortir et exprimer leur haine. Le conflit avec l’Iran n’a pas attisé non plus l’antisémitisme. C’est l’importation de ce conflit en France à des fins électorales qui l’attise.
La France en fait-elle assez pour lutter contre cette discrimination ?
Il y a un problème d’antisémitisme pas seulement en France mais en Europe. La France est l’un des pays où il y a le plus de mécanismes pour le combattre. Malheureusement, ça ne permet pas de faire disparaître ce fléau. Je ne sais pas si c’est possible car ça a toujours existé.
Dans les Alpes-Maritimes, trois villes sont jumelées avec des communes israéliennes : Nice, Grasse et Antibes. Comment voyez-vous l’évolution des liens entre Israël et ce territoire ?
Cette évolution est semblable à celle de la France. Il y a un grand soutien de la population à l’échelle nationale mais sur la Côte d’Azur, il est beaucoup plus présent, plus clair. Ça se ressent dans les échanges avec les différents maires. C’est aussi la deuxième région après Paris, où il y a le plus d’Israéliens.
L’éclatement du conflit a-t-il provoqué des mouvements de ressortissants vers la Côte d’Azur ?
Non au contraire. Il y a un grand mouvement d’immigration vers Israël que l’on appelle Alyah. À cause de l’antisémitisme mais aussi parce qu’il y a un besoin d’appartenance lorsque le pays est en crise.
Quel soutien est apporté aujourd’hui aux familles des anciens otages et des victimes ?
Toutes les familles sont suivies à travers les organisations gouvernementales ou autres pour apporter un soutien que ce soit psychologique, professionnel… La France avait apporté son aide lorsqu’il y avait encore des otages. Aujourd’hui, elle n’accompagne plus les familles, ce n’est pas sa responsabilité mais la nôtre.
Vous avez des liens forts avec Monaco, quel a été son soutien lors de cette période difficile ?
Le Prince, les différents membres du gouvernement sont tous des amis d’Israël. Il y a une communauté juive et israélienne très active. Je ne peux pas entrer dans le détail des actions mais la principauté a fait de son mieux pour aider concrètement notre État à travers des décisions très courageuses.