Ce chiffre ne cesse de croître et témoigne d’une stratégie délibérée et institutionnalisée, poursuit le rapport, fondé sur neuf mois de recherche et qui rappelle qu’il s’agit d’une violation du droit international.

« La Russie a bâti un système mondial de recrutement qui cible délibérément les populations les plus vulnérables », explique Alexis Deswaef, président de la FIDH. « Migrants sans papiers, détenus, travailleurs précaires, étudiants étrangers: des dizaines de pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine sont concernés. Beaucoup de ces hommes savaient, dans une certaine mesure, ce à quoi ils s’engageaient. D’autres ont été trompés ou contraints. Dans tous les cas, c’est un État qui les a instrumentalisés au service de sa machine de guerre et envoyés aux positions les plus dangereuses du front ».

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En Russie, des migrants, notamment originaires d’États d’Asie centrale comme le Kazakhstan, se sont vu proposer des contrats militaires en lieu et place d’une détention ou d’une expulsion, poursuit le rapport. En Afrique subsaharienne, au Népal, à Cuba et au Yémen, des personnes ont été approchées par des intermédiaires leur promettant des emplois civils bien rémunérés, ainsi que la nationalité russe. Quelques jours après leur arrivée en Russie, elles se retrouvaient en uniforme, expédiées au front, affirment encore les trois ONG.

Jusqu’à 20% de ces combattants ne survivent pas aux quatre premiers mois de déploiement. Certains témoignent de mauvais traitements et d’humiliations infligés par leurs camarades ou leurs supérieurs.

« Un jour, un Russe a posé la question qui dérange. On ne l’a plus jamais revu, c’est sûr qu’il a été envoyé au hachoir »

Le rapport formule des recommandations détaillées pour contrer ces pratiques. Il appelle notamment à réviser la définition internationale du mercenariat, à renforcer les législations anti-traite pour couvrir le recrutement dans les conflits armés, et à créer des mécanismes de rapatriement pour les victimes détenues comme prisonniers de guerre.