Où trouver une boulangerie ouverte ? C’est souvent la question que l’on se pose le 1er mai, jour de la fête du travail, lorsque la majorité des commerces sont fermés et qu’on cherche à acheter les croissants pour le petit déjeuner. Cette question pourrait bientôt être de l’histoire ancienne. Les boulangers pâtissiers, qui réclament depuis plusieurs années le droit d’ouvrir leur boutique en ce jour historiquement férié, ont été entendus par le gouvernement. Le 17 avril dernier, le Premier ministre Sébastien Lecornu annonçait que les boulangeries-pâtisseries, mais aussi les fleuristes, artisanaux pourront ouvrir et faire travailler leurs salariés sur la base du volontariat et en les payant double.
« Je ne suis toujours pas capable de vous dire si on a le droit d’ouvrir »
En attendant l’adoption par le Parlement du projet de loi gouvernemental, présenté ce mercredi au conseil des ministres, pour une entrée en vigueur espérée au 1er mai 2027, rien n’est pour le moment figé dans le marbre. Le cadre juridique sécurisé annoncé par le Premier ministre ne semble pas totalement libérer les professionnels du métier en Ille-et-Vilaine. « C’est complexe, je ne suis toujours pas capable de vous dire si on a le droit d’ouvrir ou pas », souligne Jean-Maurice Monnier, président de la fédération des boulangers pâtissiers d’Ille-et-Vilaine.
Pour cause, le boulanger pointe du doigt « un vide juridique » qui laisse planer une menace des contrôles pour ce 1er mai 2026. « On a entendu ce qu’a dit le Premier ministre. On était tous contents de savoir que l’on pouvait travailler mais sa parole n’engage que lui, souligne Jean-Maurice Monnier. Aujourd’hui rien n’a été publié au Journal Officiel et le Code du travail n’est pas modifié ». Une crainte avancée suite au retour de juristes. « On nous a remontés que l’inspection du travail va effectuer des contrôles. Aujourd’hui, rien ne les empêche de verbaliser s’ils n’ont pas reçu de consignes. C’est le flou total. »
« Je veux croire au bon sens de chacun »
Ce mercredi 29 avril, le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a déclaré qu’ « aucune instruction en quoi que ce soit auprès des inspecteurs du travail » n’a été donnée. Le Ministre veut croire que « l’intelligence collective pourrait fonctionner », tandis que le président de la fédération des boulangers pâtissiers d’Ille-et-Vilaine redoute, lui, « un excès de zèle de l’inspection du travail ». « Je veux croire au bon sens de chacun, espère tout de même Jean-Maurice Monnier. Mais s’il y a des verbalisations, ça va être un gros bazar ».
En cas de problème, le service juridique de la confédération nationale de la boulangerie-pâtisserie veille au grain. « Le gouvernement s’est engagé à faire sauter les verbalisations en cas de procès-verbal. Donc, s’il y en a, nous les ferons remonter », rassure Delphine Mau, directrice juridique. Dans un communiqué du 28 avril, le Gouvernement assure qu’il « veillera à apporter une réponse aux éventuelles difficultés que rencontreraient ces artisans ». Il faudra donc encore patienter un peu pour ne plus avoir à se poser la question : où trouver une boulangerie ouverte le 1er mai ?