Par

Chrismaël Marchand

Publié le

29 avr. 2026 à 20h11

C’est la nouvelle cible de la France et de son fleuron Naval Group. L’industriel français espère, en effet, vendre quatre sous-marins BlackSword Barracuda, dérivé du Suffren français construit à Cherbourg (Manche), à la Grèce.

Depuis plusieurs années, ils travaillent sur cette opportunité. Les liens sont forts, il est vrai, entre les deux nations, avec notamment la vente de 24 avions Rafale et de trois frégates FDI Belharra pour un montant de 5,5 milliards d’euros en 2021 (NDLR : une quatrième a été ajoutée depuis).

Ils ont d’ailleurs été confortés la semaine passée avec la visite officielle du président Emmanuel Macron pour le renouvellement d’un partenariat stratégique dans la défense et la sécurité. Un voyage qui a également permis de discuter de cette vente de sous-marins.

Si aucune annonce n’a filtré à l’issue de ces discussions fort probables, il se pourrait que Paris ait marqué de nouveaux points dans cette course. En présence de Pierre Eric Pommellet, PDG de Naval Group, le chef de l’État a pu mettre en avant la technologie française et la « supériorité » du Barracuda sur ses concurrents.

Des rivaux qui ne seraient plus très nombreux. Les médias grecs annoncent, en effet, désormais une finale franco-allemande entre le géant de l’armement tricolore et TKMS (ThyssenKrupp Marine Systems) pour un remake du contrat néerlandais. Aux Pays-Bas, les deux chantiers navals s’étaient, en effet, tiré la bourre, jusque devant les tribunaux.

Vers un duel franco-allemand entre Naval Group et TKMS ?

Vainqueur officiellement en septembre 2024, Naval Group avait marqué un grand coup sur la scène européenne. Même s’il a été écarté depuis au Canada et devancé par le suédois Saab en Pologne, il sait que son Barracuda affiche une belle cote de popularité que ce soit grâce à sa technologie propulsive des batteries lithium-ion ou son puissant armement (missiles de croisières, torpilles et missiles antinavires).

Dans ce duel, l’industriel français a également l’avantage de ne pas travailler directement avec le voisin turc, à l’inverse de TKMS qui équipe une bonne partie de la flotte sous-marine d’Ankara. Et compte tenu des relations entre les deux pays méditerranéens, ce n’est pas forcément un atout.

Qui plus est, Naval Group a depuis plusieurs années tissé sa toile au sein de la base industrielle grecque. La signature d’un protocole d’accord (MoU) avec l’entreprise d’envergure mondiale Metlen Energy & Metals « visant à explorer une future collaboration dans le domaine des projets de sous-marins et de navires de surface » est un marqueur fort de futurs et durables échanges.

Si la signature d’un potentiel accord n’est pas attendue avant 2028, la France continue donc d’avancer ses pions. Sans vendre la peau de l’ours mais avec la ferme intention de pouvoir en tirer le meilleur prix.

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