Le gouvernement a adopté mercredi (29.04.26) la refonte de l’assurance maladie publique. Celle-ci vise à combler des déficits croissants dans une Allemagne vieillissante en manque de main d’oeuvre, en mettant davantage à contribution les assurés. Le texte rencontrait jusqu’alors l’opposition du SPD.
Qualifiant le texte de « l’une des plus grandes réformes de l’Etat providence des dernières décennies », Friedrich Merz a souligné l’urgence financière, affirmant que sans réforme, le déficit de l’assurance maladie aurait atteint 15 milliards d’euros dès 2027 et 40 milliards en 2030.
La réforme doit notamment relever le plafond de cotisation pour les hauts revenus, augmenter la participation aux médicaments, introduire une taxe sur les boissons sucrées et limiter certaines prestations comme le dépistage des cancers de la peau ou les soins dentaires.
Courte majorité
Pour être adoptée, le texte doit être encore voté par les députés, mais le gouvernement n’y dispose que d’une courte majorité qui s’est déjà fracturée par le passé. Signe des difficultés auxquelles il est confronté, Friedrich Merz a reconnu ne pouvoir garantir que son gouvernement, réunissant sa famille conservatrice (CDU/CSU) et les sociaux-démocrates du SPD, tiendra jusqu’à la fin de la législature en 2029, et cela alors que son équipe est en place depuis à peine un an.

La réforme de l’assurance maladie suscite des craintes notamment auprès de certaines famillesJens Kalaene/dpa/picture alliance
Pour Friedrich Merz, l’accord sur une réforme conclu mercredi démontre la capacité de sa coalition à surmonter ses divisions et à « décider ». « Nous savons trouver des compromis (…) même si par moment, ça tangue un peu », a assuré le chancelier allemand, dont la cote de popularité est au plus bas, à quelques jours du premier anniversaire, le 6 mai, de son arrivée au pouvoir. Selon une enquête Forsa RTL/ntv publiée mardi (28.04.26), 83% des sondés ne sont pas satisfaits du travail de M. Merz, contre 15% de satisfaits.
« Discussions conflictuelles »
Interrogé sur la capacité de la coalition à tenir jusqu’au terme de la législature en 2029, Friedrich Merz a reconnu que « personne ne pouvait rien garantir » et évoqué des « discussions parfois conflictuelles » entre partenaires.
Le ministre social-démocrate (SPD) des Finances et vice-chancelier, Lars Klingbeil a, lui aussi, insisté sur la capacité du gouvernement à s’entendre, en présentant le compromis sur le budget 2027.
« Nous avons le devoir d’y arriver », a-t-il martelé mercredi, assurant que sa relation de confiance avec le chancelier était « totale ».

Le gouvernement a réduit de moitié ses prévisions de croissance, les ramenant à 0,5 %DW
Augmentation des dépenses
Il s’agit du troisième budget adopté par le gouvernement Merz, alors même que la question budgétaire avait provoqué l’éclatement de la précédente coalition dirigée par le chancelier social-démocrate Olaf Scholz, fin 2024.
Le projet de loi de finances prévoit une augmentation des dépenses à 543,3 milliards d’euros, dont 105,8 milliards consacrés à la défense, portées à 3,1% du produit intérieur brut l’an prochain, impliquant un recours accru à l’endettement pour combler le déficit.
Lars Klingbeil a par ailleurs annoncé une réforme de l’impôt sur le revenu qui sera discutée dans les prochaines semaines, pour entrer en vigueur en 2027. Elle doit alléger la charge fiscale de « plusieurs centaines d’euros par an » pour les ménages modestes et mettre davantage à contribution les plus gros revenus, selon le ministre.