Jamais encore le Leinster n’a battu Toulon en Champions Cup sur le terrain. Un défi tout trouvé pour l’emblématique capitaine irlandais, qui brûle plus que jamais de ramener les siens sur le toit de l’Europe.

Du haut de ce Leinster-Toulon, sept étoiles européennes vous contemplent. Quatre côté irlandais, trois dans le camp varois. C’est dire si cette affiche, du point de vue du prestige, vaut lourd… Alors, ne comptez pas sur les Irlandais pour la minimiser par le seul prisme de la situation du RCT en championnat tant, au regard de l’Histoire, cette affiche pèse… « Toulon a peut-être eu des hauts et des bas en Top 14 mais ils ont réalisé une superbe campagne européenne, avec de grandes victoires contre Bath et le Munster, sans oublier leur succès en huitièmes sur les Stormers. Et puis, il y a eu ce quart de finale à Glasgow, pour lequel je ne pense pas que le mot surprise soit le bon », explique le deuxième ligne international James Ryan (29 ans, 80 sélections). « Les Warriors ont été très forts cette saison, en particulier à la maison. Nous nous déplaçons souvent là-bas et nous savons très bien à quel point il est dur de s’y imposer, mais si vous regardez l’équipe dont Toulon dispose, je ne dirais pas que j’étais surpris du résultat, vu les joueurs de classe de leur effectif. David Ribbans joue le meilleur rugby de sa carrière, ils ont aussi Charles Ollivon qui est leur talisman… Le combat au niveau du pack sera très dur, nous savons très bien que nous devrons être à notre meilleur niveau pour les vaincre ».

La pression est un privilège

Cela d’autant plus que les confrontations entre le Leinster et le RCT présentent, du point de vue de l’histoire, une connotation particulière. Alors que les Varois ont remporté les trois premières oppositions (qui ont, hasard de l’historie, toutes en lieu en 2015 !), le Leinster n’a gagné que celle de 2021… sur tapis vert, Toulon ayant déclaré ce jour-là forfait en raison d’un cas de Covid-19 constaté dans l’effectif. Autant dire que, devant l’histoire, le Leinster n’a jamais battu le RCT sur le terrain. Ce qui constitue à l’évidence pour James Ryan un sens particulier à donner à ce combat… « Quand j’étais enfant, je regardais le Leinster et tout ce que je voulais, c’était de jouer avec eux en Champions Cup. C’est ce que je fais aujourd’hui, et j’adore ça. Je sais que le Leinster n’a jamais battu Toulon, qu’on a eu de grosses défaites contre eux. Je me rappelle de la demi-finale de 2015, que j’avais regardée à la télé. J’avais 19 ans, je revois cette interception de Bryan Habana en prolongations qui envoie Toulon en finale… Le RCT avait une équipe d’une sorte de stars, à l’époque. Et même si beaucoup de temps a passé, oui, ça donne une dimension particulière à ce match. »

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Quand bien même la pression reposerait davantage sur le Leinster, au nom de l’avantage du terrain et de la dynamique récente ? Expérimenté, Ryan jure que non. « Je pense qu’il y a de la pression sur les deux équipes. Oui, peut-être que Toulon a été un peu inconsistant dans le Top 14, mais ils ont joué très bien dans cette compétition jusqu’ici. De notre côté, nous apprécions jouer à la maison, en particulier dans cette compétition. Oui, il y aura de la pression mais nous parlons de la pression comme un privilège. Nous aimons ça. Tu te mets sous pression pendant la semaine, tu dois faire tout ce que tu peux en termes de préparation. Mais quand le match commence, tu dois te libérer ».

James Ryan dans ses oeuvres face à Sale, en quart de finale.

James Ryan dans ses oeuvres face à Sale, en quart de finale.
Sportsfile / Icon Sport – David Fitzgerald

Plus le niveau augmente, plus le respect des principes de jeu compte

Une sérénité étroitement liée au fait que, de l’aveu de son capitaine, le Leinster est « exactement où il voulait être. Depuis le début de la saison, nous avons parlé de jouer les play-offs sur les deux fronts, en URC comme en Champions Cup. Nous sommes où nous voulons être. Nous avons probablement eu un mauvais début cette saison. En octobre, septembre, nous avons perdu trois de nos quatre premiers matchs, mais nous sommes bien revenus depuis. Bien sûr, il y a le risque de tout perdre mais je pense que l’équipe est capable de faire les d’efforts pour atteindre ses objectifs ces prochaines semaines. » À condition toutefois de ne pas craquer au pire des moments, comme l’équipe irlandaise en a pris l’habitude ces dernières années, à l’image de sa défaite de la saison dernière à domicile face à l’outsider Northampton.

« L’état d’esprit que l’on doit avoir, c’est qu’en demi-finale il n’y a pas de seconde chance. Dans ces moments, les principes du jeu comptent plus que jamais. Plus le niveau de la compétition et le niveau du jeu augmentent, plus les principes de jeu comptent. Si vous ne faites pas les choses correctement, vous êtes fichu. » Or, en ce qui concerne les principes de jeu du Leinster, les Irlandais savent précisément qu’ils pourront faire confiance à leur capitaine pour les respecter dans son domaine de prédilection du combat au sol. « Au Leinster, nous aimons jouer avec un gros tempo, et la vitesse de nos rucks est très importante. Si cette vitesse est insuffisante, cela donne du temps aux défenseurs pour se mettre en place, pour sortir de la ligne. Nous voulons mettre les équipes sous pression par la vitesse de nos rucks. On y passe beaucoup de temps, le lundi, le jeudi et le dimanche. Dans ces sessions, nous parlons de construire les bonnes habitudes, avec ou sans ballon. Cela sera toujours un point focal de notre semaine, en termes de préparation. Et cela le sera encore plus face à Toulon. » Au moins, les Varois sont prévenus…