Et si l’une des épreuves reines des JO d’hiver 2030 restait en Provence-Alpes-Côte d’Azur ?
Garder toutes les épreuves de glace dans le Sud-Est, hockey masculin compris : c’est le souhait partagé par les présidents des Régions Sud et Auvergne-Rhône-Alpes, ce mercredi à Marseille, où Renaud Muselier a transmis à Fabrice Pannekoucke la présidence de la Solideo (société de livraison des ouvrages olympiques). L’occasion d’acter le maintien du pôle glace à Nice.
Le pôle glace sera-t-il bien à Nice ?
« J’ai eu peur qu’on le perde. J’étais très inquiet. »
Renaud Muselier n’en fait pas mystère : le pôle glace niçois a eu chaud.
Il a sérieusement tangué, depuis le départ de Christian Estrosi il y a un mois et l’élection d’un maire porteur d’un contre-projet olympique.
« On a vu que M. Ciotti devenait favorable aux Jeux », ironise Renaud Muselier, qui l’a accueilli par un : « “Eric, est-ce que tu veux les Jeux ?” Il a dit oui. »
Par la suite, les politiques ont laissé la main aux équipes techniques.
Avec une ligne rouge : pas de hockey à l’Allianz Riviera.
Résultat : « Le village olympique, c’est bon. Le COOL [complexe omnisports olympique], ça a été signé. La totalité des épreuves seront organisables comme prévu dans le dossier initial, mais avec une difficulté à l’Allianz Riviera, résume le président de Région. Je remercie le maire d’avoir mobilisé ses équipes pour trouver une solution, et les acteurs ici présents d’avoir conservé leur sang-froid. »
Où se jouera le hockey masculin ?
Une patinoire provisoire aux Arboras, sur la plaine du Var ?
« Trop cher », estime le Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques. Le Cojop a donc lancé mardi un appel à candidature pour des « équipements existants, dans d’autres grandes métropoles comme Lyon ou Paris ». Ces deux dernières se sont déjà positionnées.
Paris ? Pas très alpin, pour Fabrice Pannekoucke. « C’est une candidature des Alpes françaises. Donc ce qui ne serait pas à Nice peut être dans le Sud. Et ce qui n’est pas dans le Sud… sera dans le Nord [des Alpes]. »
Le maire de Marseille, Benoît Payan, aurait fait part de son intérêt. Renaud Muselier « entend son message avec plaisir ». Mais la patinoire phocéenne (5.600 places), plus grande enceinte française, reste bien en-deçà du minimum requis pour les JO (10.000).
Le président de Région invite le Cojop à regarder si Marseille et Gap « ont des possibilités à la hauteur des ambitions ».
Fabrice Pannekoucke en fait de même pour Grenoble et Albertville. Malgré tout, Renaud Muselier « continue [s] on match pour garder la totalité de la glace à Nice. On fait tout pour ! On n’aurait pas tout ce débat si le maire de Nice nous avait dit “OK”. » Sans jeu de mots.

Une réunion a eu lieu ce mercredi 29 avril 2026 à Marseille.
Photo Christophe CIRONE / Nice Matin
Quels grands chantiers se profilent ?
À présent, les grandes manœuvres commencent.
Le Cojop est en charge des ouvrages provisoires, la Solideo doit bâtir les équipements pérennes. L’enveloppe prévoit 880 millions d’euros de concours public, pour 1,4 milliard d’euros d’investissements financés.
Objectif : réaliser 40 ouvrages, dont les villages olympiques de Nice, Briançon, Bozel (Savoie) et Saint-Jean-de-Sixt (Haute-Savoie), des équipements sportifs et des infrastructures de mobilité, telles la rénovation de gares.
Soixante marchés publics sont déjà lancés. Dont celui du COOL, le plus gros morceau, attendu à Saint-Isidore.
« On est en bout de processus. Fin juin, on notifie le marché », confie Damien Robert, directeur général exécutif de la Solideo. Idem pour le village olympique voisin. Il sera reconverti en logements à l’issue des Jeux. La voilure sera-t-elle réduite en cas de départ des hockeyeurs ? Pas forcément, selon Damien Robert. Ce choix « impacte marginalement le village dans sa configuration olympique, mais pas dans sa configuration héritage. La dimension globale ne changera pas. »
Les délais seront-ils tenus ?
Appels à projets, attribution des marchés, autorisations administratives… L’année 2026 sonne la mise à feu du grand chantier Alpes 2030.
« Les travaux seront lancés en 2027 et culmineront en 2028-2029 », se projette Pierre-Antoine Molina, délégué interministériel aux JOP 2030. Le temps presse.
Et « la vitesse à laquelle la Solideo s’est structurée [l]’a impressionné. Elle a été créée à moins de cinq ans des Jeux. Paris en a eu plus de sept pour réaliser un tour de force : livrer l’ensemble des ouvrages dans les temps. »
« Nous entrons dans une phase de réalisation. Nous serons au rendez-vous de 2030 », promet Renaud Muselier, « pas très inquiet ».
La loi olympique permet d’accélérer le processus. Une version moderne des douze travaux d’Hercule.
« Oui, on va y arriver. En tout cas, on a réuni les conditions pour respecter le calendrier de livraison de ces ouvrages, positive Damien Robert. Certes, on a peu de marge de manœuvre. Mais on n’a aucune alerte rouge. »