Par

Kelman Marti

Publié le

30 avr. 2026 à 17h00

En partant d’une banale patrouille dans une commune près de Toulouse, en mars dernier, les gendarmes de la Haute-Garonne sont parvenus à faire tomber un important acteur du marché de la cigarette de contrebande, ce mardi 28 avril 2026. Récit d’une affaire aussi rapide que hors norme.

D’un contrôle à Frouzins…

L’histoire commence le samedi 7 mars 2026, lorsqu’en début d’après-midi, le peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie de Villeneuve-Tolosane intervient dans la commune voisine de Frouzins. Lors d’une patrouille des plus ordinaires, ils aperçoivent un échange entre deux personnes qui ne l’est pas. La transaction leur paraît suspecte et ils décident donc de contrôler l’acheteur.

Sur lui, l’homme de 27 ans est en possession de dix cartouches de cigarettes. La réaction de la gendarmerie ne tarde pas. Elle l’interpelle et le place en garde à vue dans la foulée, tandis que sa marchandise est saisie.

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… à une perquisition à Seysses…

Mais l’affaire ne s’arrête pas là pour autant. Elle continue même à toute vitesse. Plus tard dans la journée du samedi 7 mars, grâce aux éléments observés, puis recueillis lors de la garde à vue de l’acheteur, les forces de l’ordre se dirigent vers une autre commune limitrophe : Seysses.

Leur mission ? Une opération judiciaire au domicile du revendeur, un homme de 38 ans. Et ça paye : 194 cartouches et 44 paquets de cigarettes, ainsi que 180 euros en cash sont retrouvés sur place. Si l’interpellation est réussie et la saisie jolie, reste une question dans la tête des enquêteurs. Comment cet individu a-t-il pu se procurer tout cela ? Allait-il directement en Espagne ou en Andorre ? Ou bien était-il un revendeur local qui se fournissait chez un grossiste ?

… à un couple à Montauban

Et c’est cette deuxième hypothèse qui s’avère être la bonne, apprennent les gendarmes durant la garde à vue. « En fait, on se rend compte qu’il va souvent à Montauban plutôt qu’en Espagne », détaille une source proche du dossier. « Puis, on arrive rapidement à identifier le revendeur, un grossiste frauduleux de Montauban. » Il s’agit en réalité, non pas d’une, mais de deux personnes – en couple – qui se fournissent en Espagne et en Andorre, mais aussi aux Pays-Bas.

Le lendemain, le dimanche 8 mars, une nouvelle opération est déjà prévue. Cette fois-ci le couple, un homme de 27 ans et une femme de 29 ans tous deux nés à Montauban, est dans le viseur de la gendarmerie.

Une saisie encore plus importante

À leur domicile, la saisie est encore plus impressionnante que celle de la veille : 274 cartouches et 18 paquets de cigarettes, soit environ 36 000 euros de tabac, mais aussi 28 000 euros en liquide.

En parallèle, les agents de la gendarmerie découvrent une machine à compter les billets de banque. Pour eux, cela signifie une chose : « C’est une activité professionnelle ». « Si on a une machine, c’est qu’on ne compte pas les billets à une seule occasion mais à plusieurs », justifie la source proche de l’enquête.

Une voiture, une télévision, des aspirateurs, un robot de cuisine sont également saisis, car ils ont été achetés avec l’argent du trafic de contrebande. Très rapidement, la douane s’empare aussi de l’affaire et inflige une amende de 37 000 € au couple.

Ils blanchissaient l’argent avec des paris sportifs

Durant l’enquête, les gendarmes découvrent également que le grossiste avait une dette et une sérieuse addiction aux jeux sportifs. En sept mois, il aurait dépensé près de 100 000 euros en paris sportifs. Mais cela ne relève pas que de l’addiction, « c’est aussi un moyen de blanchir l’argent », décrypte une source proche du dossier.

En parallèle, l’information est transmise à la brigade de contrôle et de recherche des impôts et à la CAF, probablement en vue d’un redressement fiscal et d’une évaluation de leur patrimoine.

Condamnés à de la prison avec sursis

Près de deux mois plus tard, ce mardi 28 avril, l’affaire arrive finalement devant le tribunal judiciaire de Toulouse.

La femme écope de deux ans de prison avec sursis simple. L’homme est, lui, condamné à deux ans de prison avec sursis probatoire et reçoit une obligation de travail ou de suivre une formation et doit rembourser sa dette.

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