« Excitant, c’est le terme pour ce choc à Lyon ?
Oui, il est excitant. On se donne, depuis pas mal de semaines (8 succès sur les 10 dernières journées), l’occasion de vivre une fin de saison avec excitation. En même temps, il faut être excité, mais pas trop non plus. Il faut garder assez de calme et de recul à mesure qu’on se rapproche de la fin. Mais en tout cas, on est dans la bagarre. On est dans la bagarre pour l’Europe déjà, ce qui est l’objectif. On est à la bagarre pour tout.

Visez-vous la Ligue des champions ?
On vise l’Europe, ce n’est pas nouveau. C’est l’objectif du club. Ce qui est certain, c’est qu’on est à un point du podium, de la troisième place, à trois journées de la fin. C’est peu, c’est beaucoup, mais en tout cas, on est dans la bagarre pour toutes les Coupes d’Europe.

N’est-ce pas un match décisif pour cette place directe en Ligue des champions, comme un quart de finale à trois journées de la fin ?
Une fois, il reste cinq finales, une fois on est en quarts de finale, ah vous êtes bons (sourire). Si vous voulez que ce soit un quart de finale, c’est un quart de finale, je vous le laisse. Ce qui est sûr, c’est que c’est un concurrent direct, évidemment. On en aura deux sur trois (avec le déplacement à Marseille lors de la 34e journée). Mais ce n’est pas le dernier match non plus de la saison. Si c’était le dernier et qu’on était à un point, dans la même situation qu’aujourd’hui, dernier match de la saison, je vous dirais oui, entièrement d’accord. Mais là, pas encore.

Sentez-vous de l’excitation dans le groupe, de la concentration, la volonté d’être meilleur que face à Nantes (2-1) ?
Il y a la nécessité d’être toujours meilleur parce qu’on est encore capable de faire de meilleures choses, quels que soient les matches que l’on a faits, même ceux où on a gagné avec plus de marge. Je pense qu’il y avait à chaque fois matière à mieux faire. La progression, de toute façon, c’est du long terme. C’est un groupe, au-delà du fait que je suis arrivé il y a un peu plus de deux mois, qui a une histoire de vie récente. Je ne sais pas ce que sera le groupe l’année prochaine, mais on sent qu’il y a encore matière à le développer, à peaufiner certains aspects. Ce groupe-là, il a accompli déjà de belles choses, quand même, et je suis certain qu’il est capable d’en faire d’encore plus belles dans les prochaines semaines et mois.

Sur quoi ?
Sur tout. On peut peut-être encore faire mieux parfois face à des blocs bas. Sur les coups de pied arrêtés, on marque des buts, mais contre Nantes, on a été largement en danger. C’est une marge de progression. La justesse dans nos transitions, on en fait des bonnes, mais on peut être encore plus juste. J’en passe et des meilleures. On fait de bonnes choses, et les joueurs font plein de bonnes choses, et donnent beaucoup. Mais on peut s’améliorer, je pense, sur tous les aspects du jeu.

Vous êtes cinquième à un point de la 3e place et aussi de la 4e occupée par Lille, celle qui serait la plus compliquée à gérer derrière en termes de préparation et de recrutement ?
J’ai connu la Ligue des champions directe avec Lens, le troisième tour préliminaire avec Nice. Sur la préparation, sur les dates de préparation, tout est calé. Ça changerait juste la date des derniers matches de préparation, pas fondamentalement notre préparation. Sur le recrutement, honnêtement, je ne sais pas. Ce qui est sûr, c’est que ça change des choses dans la rentrée d’argent, une qualification pour la phase de ligue de C1 ou pas, c’est une évidence.

Ce fut difficile à gérer avec Nice…
On n’était pas prêts, tout simplement, à ce moment-là. Encore moins quand vous jouez à l’époque Benfica, qui sortait de la Coupe du monde des clubs, qui venait une semaine avant de gagner la Supercoupe du Portugal. L’effectif n’était pas terminé, il y avait eu des blessures assez vite. Pour faire la Ligue des champions, il faut être prêt, très prêt.

Il y aura aussi la Coupe du monde, qui pourrait retarder le retour de certains joueurs.
Je vous avoue que je ne me pose pas la question. Je ne pense qu’à Lyon. Mais pour les clubs qui la jouent, il faut être prêt le plus possible. Vous voyez bien les résultats des clubs français en tour préliminaire/barrages depuis pas mal de saisons, il n’y a pas beaucoup d’équipes qui sont sorties. Ce n’est jamais simple. Mais d’une manière générale, la Ligue des champions, quand vous voyez le niveau, il faut être prêt et fort pour pouvoir avoir des résultats. Après, quand on se qualifie, c’est qu’on a mérité de se qualifier.

Comment espérer un résultat positif à Lyon ?
Déjà, il ne faut pas leur donner beaucoup de choses. Évidemment qu’il faut très bien défendre et sur toutes les phases. C’est une équipe qui aime avoir le ballon. Il faut bien défendre en défense placée. Mais il faut être capable de résister à leurs transitions, comme ils l’ont montré à Paris (2-1, le 19 avril) ou ailleurs. Sur l’aspect défensif, il faut répondre à toutes les situations du jeu. Et bien y répondre. Et en même temps, dans l’utilisation du ballon, il ne faut pas se contenter que de défendre. Même s’il faudra bien défendre.

Pour faire un résultat positif à Lyon, il faudra être bon sur l’ensemble des choses. Et il faudra aussi être efficace. Pour les battre et pour continuer à vivre de beaux matches, il faut à la fois savoir être pragmatique quand il le faut, mais aussi avoir des moments un peu de folie. Parce que sinon, vous ne les gagnez pas, les matches. On a eu le brin de folie qu’il fallait contre Nantes avec Val’ (Rongier) qui frappe pied gauche. Quelque part, ce n’est pas forcément attendu à ce moment-là. Il faut le brin de folie et de réussite. »