l’essentiel
La clinique de L’Union, à quelques kilomètres de Toulouse, et la clinique d’Occitanie, à Muret, vont fermer chacune leur maternité. À partir du 1er octobre, il n’y aura plus d’accouchements dans ces deux structures. Pour la clinique de L’Union, l’activité « naissance » sera transférée à la clinique Croix-du-Sud, propriété du même groupe.
Pour les femmes enceintes qui avaient décidé d’y accoucher, il va falloir se résigner à trouver un nouveau point de chute. À partir du 1er octobre 2026, la Haute-Garonne comptera deux maternités de moins. Deux établissements privés viennent en effet d’annoncer la fermeture de leur activité obstétricale : la clinique de L’Union, située sur la commune de Saint-Jean, à quelques kilomètres de Toulouse, et la clinique d’Occitanie, au sud, à Muret.
Dans une zone urbaine et périurbaine dynamique, l’information a de quoi surprendre. Même si elle colle à une baisse de la natalité observée sur l’ensemble du territoire français depuis plusieurs années. C’est d’ailleurs l’argument brandi par les deux groupes privés qui dirigent ces cliniques.
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À la clinique de L’Union, le sujet alimentait les conversations depuis un peu plus d’un an. Car l’établissement se trouve à une quinzaine de minutes de la clinique Croix-du-Sud, sur la commune de Quint-Fonsegrives, propriété, elle aussi, de Ramsay Santé. Le plus grand groupe d’hospitalisation privée en Europe allait-il maintenir deux maternités aussi proches dans un contexte de baisse d’activité ? Selon la direction de Ramsay Santé, la clinique de L’Union est passée de 970 naissances en 2020 à 596 en 2025. « Cette dynamique générale de baisse de la natalité fragilise la viabilité des plus petites structures », souligne Sabine Borali, directrice du pôle Toulouse de Ramsay.
30 salariés concernés à la clinique de L’Union
Le 21 avril dernier, lors d’un CSE (comité social et économique) extraordinaire, les représentants des salariés de la clinique de L’Union ont été informés du projet de transfert de l’activité naissance vers la clinique Croix-du-Sud. Il concerne 30 personnes. « Les filles du service s’y attendaient un peu mais c’est beaucoup de déception et d’émotion, certaines travaillaient là depuis plus de 30 ans », résume Joëlle Figiel pour la CGT. La maternité de la clinique de L’Union accueillait des naissances depuis février 1991.
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Pour Ramsay Santé, Sabine Borali précise que « le calendrier envisagé prévoit une période de transition progressive jusqu’au 30 septembre. Nous avons choisi d’anticiper avec responsabilité pour préserver la qualité des soins plutôt que d’attendre une éventuelle fermeture subie du site ». Elle ajoute que chaque collaborateur concerné bénéficie d’un accompagnement individuel, avec une proposition d’intégrer le site de Croix-du-Sud en conservant son contrat, sa rémunération et son ancienneté. Pour Ramsay, l’objectif est de franchir la barre des 2 000 accouchements par an avec ce transfert. La clinique Croix-du-Sud a réalisé 1 439 accouchements en 2025.
Un projet de centre de santé de la femme à Muret
Plus au sud, à Muret, la maternité de la clinique d’Occitanie, propriété du groupe Elsan, va aussi fermer, sans transfert d’activité annoncé. Avec seulement 160 accouchements par an selon les chiffres de l’ARS Occitanie, sa viabilité était en suspens. Dans un communiqué, la direction nous indique que « face à la diminution de la natalité et à des difficultés de recrutement médical, elle souhaite faire évoluer son projet médical en développant un centre de santé de la femme ». La cessation de l’activité d’obstétrique est envisagée pour la fin du troisième trimestre 2026 mais pour l’ARS Occitanie, c’est bien la date du 30 septembre qui est retenue, comme à L’Union.

A Muret, la clinique d’Occitanie va fermer sa maternité à l’automne 2026.
DDM – NATHALIE SAINT-AFFRE
La direction du groupe Elsan a présenté cette décision lors d’une réunion exceptionnelle du comité social et économique le 22 avril dernier. Là aussi, un accompagnement personnalisé est mis en place et les femmes enceintes suivies au sein de l’établissement seront informées individuellement. À noter que la nouvelle activité de fécondation in vitro, qui doit démarrer en 2027, n’est pas impactée puisque non liée à la maternité.
Au 1er octobre 2026 il restera six maternités en Haute-Garonne
La Haute-Garonne dispose actuellement de huit maternités. Au 1er octobre 2026, avec la fermeture des maternités de la clinique de L’Union et de la clinique d’Occitanie, il en restera six : le centre hospitalier Comminges Pyrénées à Saint-Gaudens (niveau 1), l’hôpital Joseph Ducuing (niveau 1), la clinique Croix du Sud à Quint-Fonsegrives (niveau 2A), la clinique Rive Gauche à Toulouse (niveau 2B), la clinique Ambroise Paré à Toulouse (niveau 2B) et l’hôpital Paule-de-Viguier du CHU de Toulouse, seule maternité de niveau 3 en Occitanie ouest.
Le niveau 2A indique la présence d’un service de néonatologie, le niveau 2B compte, en plus, des lits de soins intensifs, et le niveau 3 dispose d’un service de réanimation.