Un pavé dans la baie des Anges. Supprimer la structure #ILoveNice du quai Rauba-Capeù ?
C’est le souhait de l’adjoint au maire de Nice délégué à la Culture, exprimé mercredi 29 avril 2026 sur le plateau de BFM Nice Côte d’Azur.
Auguste Verola, proche de longue date d’Éric Ciotti, a affirmé souhaiter « qu’on supprime le #ILoveNice du quai des États-Unis ».
Avant de nuancer son propos : il veut rayer « l’anglicisme » au profit « d’un cœur » et déplacer la sculpture qui « coupe la perspective ».
Des propos qui ont immédiatement fait réagir sur les réseaux sociaux.
Mais pas le maire, qui a soigneusement évité de se prononcer sur la sortie de son deuxième adjoint.
« Je lui ai dit. On va voir mais j’espère gagner là-dessus », a souri Auguste Verola sur le plateau de nos confrères.
Si la monumentale sculpture bleu-blanc-rouge s’est fondue dans le décor depuis dix ans, immortalisée chaque année par des milliers de selfies, fait-elle pour autant l’unanimité ? Au lendemain de la sortie d’Auguste Verola, nous sommes allés arpenter le bord de mer.
« Pas très niçois »
Katia, 29 ans, a choisi son camp.
Si elle reconnaît que « c’est dans l’air du temps », elle critique le choix de la structure : « C’est pas très niçois, c’est très laid. Je pense qu’on peut montrer autre chose, qu’il y avait autre chose à faire. »
Quant à la dimension mémorielle de la structure, érigée après l’attentat du 14 juillet 2016, elle est sceptique : « Je trouve qu’il y a une dualité un peu grossière entre le souvenir de l’attentat et les couleurs très vives. On aurait pu trouver autre chose comme mémorial, même quelque chose de plus en adéquation avec la promenade des Anglais, la mer. »
Léo, 41 ans, est moins catégorique : « J’imagine que ça doit avoir un intérêt économique. Pragmatiquement, le fait que ce soit en anglais, je pense que c’est une bonne publicité pour la ville, avec les réseaux sociaux ».
Sans enthousiasme, il conclut : « Maintenant que c’est là, on peut le laisser. »
Dany, 70 ans, partage cet avis : « Ça me dérange pas trop. Pourquoi pas le laisser encore un petit peu ».
Et d’ajouter : « Mais c’est quand même pour les touristes. »
« Ça fait partie du folklore »
« Pour faire une photo avec les enfants c’est sympa », confirme Élise, 44 ans, venue de Paris en famille. Il faut dire que la structure baigne dans une marée d’appareils photos.
Svet, 35 ans, venu de Paris lui aussi, observe : « ça plaît à beaucoup de monde. Je vois pas pourquoi démonter ça. » Même s’il reconnaît que « ce n’est pas ça qui représente la ville ».
Christelle, 56 ans, et Fred, 57 ans, arrivent de Moselle pour le week-end.
« On l’a vu de loin, on s’est approchés. Ça fait partie du folklore, je vois pas pourquoi il faut toujours faire des polémiques sur tout et rien. Je trouve qu’il est bien à sa place là, il est plutôt beau », dit-elle.

Il confirme : « Je l’avais vu en photo, je suis content de le voir en vrai. »
Mais même chez les vacanciers, la structure ne fait pas l’unanimité.
Valérie, 60 ans, la trouve « très moche, très plastoque, très kitsch. C’est pas très harmonieux, ça fait un peu greffon synthétique. Et puis, il y a les mêmes partout : on en a vu à Tignes, à Val d’Isère… »
Ses amis, venus de Bretagne et de Lyon, acquiescent. « Mais on a quand même pris la photo à côté. »