l’essentiel
Pro D2. Dans le dur durant les deux tiers de l’exercice, les jaune et noir n’ont pu tenir la cadence. À qui la faute ? Les renforts du mercato notamment qui n’ont pas apporté la plus value indispensable ? Radiographie du recrutement carcassonnais.

« On s’est accroché, on s’est battu dans cette Pro D2, mais elle va trop vite pour nous. Il faudra faire le bilan à la fin de la saison. Peut-être qu’on n’avait pas l’effectif qu’il fallait pour bagarrer dans cette Pro D2… » Sitôt le derby face à Béziers achevé, et la relégation audoise entérinée, le manager carcassonnais Bernard Goutta s’interrogeait sur l’échec uscéiste. Et se questionnait sur la qualité de son effectif.

Marché tardif, marché poussif disent certains. Les denrées se faisant alors rares à l’heure où le promu de Nationale se présente, la tentation de se tourner vers l’international reste une solution, même si les contraintes Jiffs demeurent. Alors que l’avenir sportif de la formation carcassonnaise est à présent acté, le moment est venu pour nous d’effectuer un ‘’conseil de classe’’ de fin d’exercice des recrues carcassonnaises d’intersaison.

Seize recrues

Qui dit accession, dit obligatoirement renforts supplémentaires. Dans ce domaine, si lors de l’intersaison dernière, le staff carcassonnais n’a eu à déplorer que quatre départs importants (NDLR : le talonneur Raphaël Carbou, le 2e ligne Clément Fontaine, les ailiers Clément Égiziano et Naïm Ben Alla), il est parvenu à attirer dans ses filets seize nouveaux joueurs, dont dix joueurs étrangers pour lesquels les attentes, règlement Jiffs oblige (NDLR : Joueur issu des filières formation) sont plus importants encore.

Qu’en fut-il donc réellement sur terrain ? Malheureusement pour les sergents recruteurs carcassonnais, onze mois plus tard, le constat semble démontrer que le marché n’a guère été trop florissant. En effet, rares sont les recrues ayant apporté la plus-value escomptée.

Au niveau

Franchement, ils ne sont pas nombreux. Au registre des joueurs ayant répondu aux attentes, nous n’en retiendrons que cinq.

Le pilier Killian Taofifenua, plutôt intéressant jusqu’à l’annonce de ses contacts avancés avec Béziers pour 2026/2027, les 2es ligne Frank Bradshaw-Ryan (arrivé en novembre, excellent pourvoyeur de balles en touche) et Dion Évrard Oulaï (parfait impact player), ainsi que les 3es ligne Nicolas Parada-Heit (fidèle à la grinta argentine, parti en décembre) et Lopeti Timani (très forts physiquement, gros porteur de balle qui fait avancer son équipe) méritent de figurer dans cette ‘’short list’’.

Saison correcte

S’il découvrait la Pro D2 cette saison et a mis du temps pour trouver ses marques, l’ex talonneur de Chambéry, Yan Tabarot, s’est ensuite assurément montré plus tranchant.

Une montée en puissance ‘’façon Diesel’’ qui lui a permis de sauver les apparences.

Également novice à ce niveau, l’ex demi d’ouverture espoir Usapiste venu de Tarbes, Alexandre Perez, s’est révélé sur le tard. Bon animateur de jeu, à 23 ans, il a incontestablement l’avenir devant lui.

Enfin, Pablo Patilla, l’un des couteaux suisses de la formation carcassonnaise, centre, ailier, arrière, est avec 20 feuilles de matches et 1439 minutes de temps de jeu le deuxième joueur le plus utilisé de l’effectif.

Les déceptions

Il y en a eu. Forcément. Malheureusement, elles sont plus nombreuses que redoutées. Trop nombreuses même ! Et expliquent en grande partie l’échec de la formation carcassonnaise en Pro D2. Arrivé blessé (?) de Provence Rugby, le talonneur formé au Stade Toulousain Ian Boubila, dont le club attendait beaucoup de par son expérience passée notamment, n’a pu répondre aux grandes attentes placées en lui. Opéré mi-décembre dernier après avoir seulement participé à quatre rencontres, le joueur n’a fait son retour sur le pré que début avril. Trop peu. Au même poste, son joker médical Kerron Van Vuuren, au CV pourtant emballant, joueur des Sharks de Durban qu’il a été et qu’il est à nouveau, n’a été que l’ombre de lui-même. Quelconque !

Le pilier Nikoloz Narmania, de retour tardivement à la maison (en février dernier), en tant que joueur supplémentaire, a été très peu utilisé (donc bien difficile à juger). En tout cas, il ne s’est pas suffisamment illustré aux yeux du staff pour être aligné. Âgé de 39 ans, le 2e ligne expérimenté Sitaleki Timani (Montpellier, Clermont, Western Force, Toulon, Stade Français, Brive) a été trop souvent blessé pour peser sur le rendement de l’effectif audois. À l’opposé, le demi-de-mêlée international tongien, Sonatane Takulua (35 ans), a souvent joué, mais sans pour autant justifier d’une place de titulaire indiscutable. Le centre néo-zélandais Joe Wadman ne s’est jamais imposé. Quant aux deux ailiers fidjiens, Viliame Tutuvuli et Tevita Railevu, malgré pour ce dernier une meilleure fin d’exercice ponctuée par deux essais, ils n’ont pas plus convaincu.