Le traumatisme ressurgit avec la violence d’un simple courrier officiel. L’avis à victime, envoyé par la juge d’application des peines le 29 avril 2026, confirme ce que Karine Jambu redoutait : Roland Blaudy sortira de détention dans quelques jours : le 12 mai précisément.

Comment un homme condamné à 30 ans de prison en 2018 pour des années de viols sous les yeux de ses parents et des services sociaux peut-il sortir en 2026, après seulement 8 ans de prison ? La réponse réside dans la « confusion de peines » ordonnée par la Cour d’assises. Incarcéré depuis avril 2005 pour d’autres affaires dont des viols commis sur sa propre fille, Roland Blaudy purgeait déjà une peine de 18 ans au moment de son procès à Rennes pour les atrocités subies par Karine.

En absorbant la première peine dans la seconde, le système judiciaire a fixé l’échéance de sa fin de réclusion criminelle à ce mois de mai 2026. Toutes affaires confondues, il aura donc effectué 21 ans de prison dont seulement 8 pour avoir violé pendant plusieurs années Karine Jambu.

Pas d’autre adresse

Pour la victime, le choc est d’autant plus brutal que Roland Blaudy va résider à Rennes, à 4 kilomètres de son lieu de vie. « L’intéressé n’ayant pas d’autre adresse en sortie […] cette situation inconfortable n’a pu être évitée », admet la juge de l’application des peines dans un courrier que le Télégramme a consulté. Bien que la dangerosité de l’individu ait été jugée « réduite par le travail effectué en détention », la justice a instauré un suivi « particulièrement renforcé ».

À 72 ans, Monsieur Blaudy a l’interdiction absolue d’entrer en relation avec Karine Jambu par quelque manière que ce soit pendant une durée de quinze années. Il sera placé sous l’autorité du juge de l’application des peines de Rennes, qui pourra ordonner sa réincarcération immédiate en cas de manquement. L’un des objectifs prioritaires des services pénitentiaires sera de travailler à ce qu’il ne demeure pas à Rennes.

Face à l’angoisse de croiser son agresseur, la victime a été invitée à signaler tout manquement aux interdictions en urgence aux services de police ou de gendarmerie. Elle peut également contacter le Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation.

Pour Karine, dont le calvaire a été porté à l’écran dans le téléfilm Signalements, cette libération marque le début d’une nouvelle épreuve : celle de vivre dans la même ville que l’homme qui a « bousillé son enfance ».