
Dominique A en concert à Rennes
Crédit : Dominique A
Le chanteur Dominique A s’est exprimé sur ses réseaux sociaux ce mardi soir, l’artiste nantais ne veut plus se rendre dans les boutiques Relay qui appartiennent à Vincent Bolloré, qu’il qualifie de « milliardaire d’extrême droite qui met tout en œuvre pour que le RN accède au pouvoir. »
Plus de boutique Relay mais plus de concerts non plus à l’Olympia ou au Casino de Paris – deux salles qui appartiennent également au breton Vincent Bolloré.
Dominique A « boycotte » le système Bolloré
Autre affaire qui a ému Dominique A : le renvoi du PDG des éditions Grasset – Olivier Nora. Un départ suivi par de nombreux auteurs, aussi symbolique que politique : « ça a été le déclencheur et c’est aussi une réflexion sur le temps long, en me rendant compte que quand j’ai joué par exemple les dernières fois lors de précédentes tournées à l’Olympia et au Casino de Paris, de savoir qu’elles étaient liées à l’empire Bolloré, ça me posait problème et je me disais que je n’y retournerai pas ! J’en parlais avec les gens avec qui je travaille et c’était un peu sous forme de boutade et finalement je dirais que ce qui s’est passé autour de Grasset, je me suis dit que l’étau se resserrait encore.
Culturellement c’est de plus en plus marqué, cette volonté de défendre les extrêmes et il y a eu un mouvement d’exaspération qui a fait que j’ai écrit ce post, mais je ne me doutais pas que ça aurait autant d’écho. »
Dominique A
Crédit : Alexandra Brunois
« Cela ne va pas remettre en cause ma carrière »
Tant pis pour les concerts dans ces salles mythiques, Dominique A préfère rester fidèle à ses idées. « Elles sont emblématiques, elles sont magnifiques, mais il n’y a pas que celles-là. Ce n’est pas comme si je me coupais de toute possibilité de jouer à Paris. Et au bout d’un moment, il y a des choses qui sont plus importantes que le fait de jouer là ou là. C’est-à-dire qu’il faut être en accord un peu avec soi-même. Là, c’est symbolique, mais ça correspond à une réflexion sur le temps long. Déjà, ce ne sont pas des salles où on joue tous les jours non plus. Donc, ça ne m’empêchera pas de jouer à droite à gauche et surtout en dehors de Paris. C’est plus pour le symbole. Je n’ai pas l’impression de remettre en cause ma carrière parce que j’ai posé cette décision-là. »
L’artiste est par ailleurs signataire de la tribune des Inrocks « Pour un front culturel anti RN » aux côtés de la chanteuse costarmoricaine Yelle, Alice Boibet – codirectrice d’Art Rock, Eli Communs, directeur du Lieu Unique à Nantes, et de François Floret de La Route du Rock.
Une « prise de position individuelle »
Depuis mardi soir, sa publication personnelle est largement commentée et médiatisée. « C’est une prise de position individuelle qui n’est pas concertée. Donc je ne vais pas spéculer sur le fait que ce soit ou non suivi de faits. Je ne me sens pas dans la peau d’un donneur de leçons non plus. C’est juste quelque chose que je ressentais : l’air devient de plus en plus irrespirable, et culturellement, il y a cette musique des artistes comme étant systématiquement des gens privilégiés.

Les auteurs de Grasset, je peux vous garantir qu’il y en a beaucoup qui travaillent à côté, et qui ne vivent pas de leur plume. Il faut arrêter avec cette image-là, surtout en venant de la part de quelqu’un qui est milliardaire. »
Dominique A prend la parole pour défendre la culture au sens large et s’opposer aux idées d’extrême droite, mais c’est une démarche personnelle. Il s’oppose aussi « à la politique culturelle menée dans la région par la présidente (Horizons) Christelle Morançais, marquée en 2024 par des coupes budgétaires. Une politique qu’il juge « patrimoniale ».
(*) Son dernier album « Quelques lumières » est sorti en octobre 2024, et une tournée a suivi jusqu’au Trianon à Paris fin 2025.