« Le 1er mai est et doit demeurer un jour férié, chômé et payé », s’égosille au micro Alexandre Latruffe, le secrétaire général de l’union locale CGT.
Le traditionnel cortège revendicatif vient d’arriver sur la place Garibaldi, pile à l’heure du déjeuner, et le syndicaliste insiste sur la valeur symbolique de cette journée internationale de lutte pour les droits des travailleurs célébrée « depuis 140 ans dans 163 pays ».
Né « dans la répression et le sang »
Dans les rangs des manifestants, Patrice Cuti en rappelle l’histoire née « à Chicago » en 1896 alors que les travailleurs américains « réclamaient la journée de 8 heures », « dans la répression et le sang », « comme à Fourmies en France » à la fin du XIXe siècle.
Pour lui, le 1er Mai ce n’est pas « la fête du travail » décrétée « par les pétainistes ». C’est « un symbole très important de l’histoire de la lutte des classes », insiste ce militant fréjusien qui a fait le déplacement pour le défendre.
Car la traditionnelle manif du 1er mai avait une dimension toute particulière ce vendredi, à Nice comme partout en France.
Le gouvernement envisage en effet d’autoriser l’ouverture de certains commerces comme les boulangeries et les fleuristes.
Julien Picot, le chef de file des communistes Niçois, estime qu’il s’agit d’un cheval de Troie « de la droite et de l’extrême droite » pour revenir sur cet acquis des travailleurs.
« Car certaines chaînes de boulangerie emploient en réalité plusieurs milliers de salariés. Revenir sur le 1er mai c’est les contraindre à aller travailler. Et après eux… tous les autres », défend l’élu municipal.
« Plus de badauds que de manifestants sur la Prom’ »
Dans les rangs du cortège, ils sont nombreux à partager son avis. Et à déplorer, comme Pascale, qui déplore qu’il y ait « plus de badauds qui se baladent sur la Prom que de manifestants ».
« Il devrait y avoir plus de monde », souffle cette Lorraine d’origine qui est venue avec ses parents âgés de 92 ans pour « poursuivre le combat qu’ils ont mené toute leur vie dans les usines du bassin minier ».
Lorsque la manifestation s’est mise en route vers 10 heures face au Théâtre de Verdure, ils n’étaient que quelques centaines. Un millier tout au plus à l’arrivée place Garibaldi.
« C’est peu », reconnaît un élu azuréen, qui pensait que le pavé niçois serait « noir de monde compte tenu de l’enjeu de ce 1er mai ».