Au bout du quai Rauba Capeu, un totem, devenu image fétiche de
Nice sur les réseaux sociaux, pourrait bientôt quitter le bord de
mer. Entre autres, les lettres I Love Nice,
repère du quai des États-Unis, sont dans le collimateur
d’Auguste Verola, adjoint à la Culture
d’Éric Ciotti. Sa volonté de retirer ou déplacer
cette installation interroge la langue choisie pour représenter la
ville et l’image renvoyée aux touristes. D’après France
Bleu ICI
Auguste Verola a
expliqué son projet : « J’aimerais que l’on supprime le
#IloveNice du quai des États-Unis, j’aimerais le déplacer, qu’il
soit plus bas et qu’on revienne à du français. »

Le projet d’Auguste Verola pour « I Love Nice »


Il critique le slogan actuel
 : « Je ne vois pas ce
que l’anglais vient faire là au-milieu. Ce hashtag, on le retrouve
sur un tas de papiers et d’affiches. Qu’est-ce que ça vient faire
sur les papiers de la mairie ? », s’offusque-t-il. Il dit avoir
parlé au maire, qui lui aurait répondu « On va voir ».
Pour défendre son alternative, Auguste Verola résume : « Un
cœur et Nice car : ‘J’ai Nice au cœur depuis ma naissance de par ma
famille, et j’habite au cœur de Nice. Alors le cœur, et Nice, j’y
tiens beaucoup.' ».

Par la suite, il confie « j’espère gagner sur ça
! » et revendique, au sujet des cérémonies,
que « depuis que je fais les mariages, on a marié en mairie
des mariages de plus de 100 personnes. Ce n’est pas une
question de place parce qu’on y arrive. […] On se marie à la
mairie, c’est mieux. »

« #ILoveNice » entre mémoire et tourisme à Nice

Anthony Borré voit dans le
totem #ILoveNice un symbole à
protéger. « Cette structure n’est pas un décor pour
touristes. Elle est née dans un moment de douleur immense, après le
14 juillet 2016, pour dire l’essentiel : notre amour pour Nice,
notre unité, notre refus de céder à la barbarie (…) Ce message a
été repris des millions de fois sur les réseaux sociaux. Il a porté
bien au-delà de notre ville. Il a été copié partout dans le
monde. Aujourd’hui, des milliers de Niçois et de
visiteurs s’y arrêtent, s’y prennent en photo. Elle fait partie de
notre paysage, mais surtout de notre mémoire collective. Alors
pourquoi vouloir effacer tout cela ? C’est cela, l’ambition
culturelle que l’on nous propose pour Nice ? », écrit-il sur
ses réseaux sociaux, cité par France 3
Côte d’Azur
.

Suppression de « I Love Nice » sur le
bord de mer

Par ailleurs, le hashtag compte près d’un million de
publications sur Instagram, selon France 3 Côte
d’Azur. « Je l’aime beaucoup, c’est très joli »,
explique un touriste chinois, une autre touriste estimant
qu' »en anglais c’est mieux pour les touristes ». Une
visiteuse serbe tranche : « Les touristes adorent prendre
des photos ici », mais « ce serait pas mal que ce soit
écrit en français car nous sommes en France ». Aucun vote n’a
acté la disparition de I Love Nice ; la
décision revient à Éric
Ciotti,
 qui prévoit
d’apporter un changement majeur dans sa ville
. Le
hashtag #ILoveNice continuerait de
circuler en ligne, sans totem sur le front de mer.