Ce samedi soir (20 h), sur la pelouse du stade Jules-Ladoumègue, le Racing Club Narbonnais a rendez-vous avec son destin. À Massy, à l’occasion de ce barrage de Nationale, les Audois ont plus que jamais besoin de mettre tous les ingrédients, du cœur et des tripes, sur le terrain pour voir cette saison se poursuivre une semaine de plus.
C’est le moment ou jamais. Il n’y aura pas d’autres occasions, clairement. C’est aussi cette odeur de braise, de poudre, de bonheur d’y être. Enfin. Cette sensation même que tout se joue sur ce rendez-vous. Un seul et unique. Le Racing Club Narbonnais est à l’aube de sa troisième participation consécutive à la phase finale de Nationale, et pour la première fois, rien ne se passera comme prévu. Pas de demi-finale directe, surtout, les Audois n’auront pas l’occasion de se produire devant leur public, leur famille, leur proche, sur le rectangle vert fétiche du Parc des Sports et de l’Amitié. Tout sera différent, presque nouveau, parce que tout se passera à l’extérieur. Dès ce samedi soir (20 h), les orange et noir ont une étape à franchir, loin de chez eux, proche de la capitale, à Massy.
« Comme je l’ai dit aux garçons, cela fait dix mois qu’ils travaillent pour vivre ces moments. Quand tu connais l’histoire de Narbonne, il y a toujours eu cette passion pour ce club, pour le rugby. Nous avions tous envie d’offrir à nos supporters ce barrage à la maison. C’était important. Nous nous punissons nous-mêmes. Nous allons assumer », prévient le manager du Racing Jacques Delmas, en conférence de presse jeudi matin. Un entraîneur plus que jamais démonstratif envers ses joueurs : « J’ai confiance, je n’ai pas changé d’avis. Je connais les qualités de cette équipe. Je sais que quand elle se donne les moyens, elle peut basculer n’importe qui. Nous sommes capables. Ils ont les qualités, les capacités pour aller au bout et battre cette équipe de Massy. Nous sommes bons quand nous avons peur. Nous sommes capables de nous sortir les doigts du machin quand nous avons peur. J’y crois dur comme fer ».
Jamais deux sans trois ?
Cette dernière phrase Jacques Delmas n’a cessé de la répéter depuis des mois, depuis que ce Racing a montré les arguments d’une équipe dangereuse contre tous les adversaires. Maintenant, il ne s’agit pas de savoir si le manager audois passera pour un fou, mais plutôt de voir si les Narbonnais ont la capacité de lier les promesses aux actes. Durant la saison, que ce soit à Bourg-en-Bresse (victoire 19-22), à Albi (défaite 18-17), contre Nice (victoire 31-20) et à Nice (défaite 32-27), contre Périgueux (victoire 45-12), la bande de Lucas Bachelier a démontré que dans une rencontre à haute intensité, elle savait se mettre au niveau. Monter tous les curseurs de plusieurs crans.
« Il ne faut pas oublier les neuf mois qui viennent de passer, et s’en servir aussi. Après, c’est une nouvelle compétition. Si tu n’as pas peur là, c’est que tu n’es pas lucide. C’est un match à élimination directe où tu n’as pas le droit à l’erreur. Il faudra faire les choses bien pendant 80 minutes et s’appliquer pour ne pas avoir de regrets à la fin », argue le capitaine du Racing. Un Lucas Bachelier habitué aux évènements à forts enjeux, voire déterminants. Ce sont aussi ces joueurs qui changent le visage de cette équipe. À Bourgoin-Jallieu, samedi dernier (défaite 43-33), le staff audois avait logiquement préservé la plupart des cadres et des titulaires pour ce match-là, à Massy. C’est à eux maintenant, les leaders en priorité, de passer devant, de montrer la voie et d’amener le Racing vers une nouvelle marche.
Comme dans toute la saison, rien ne sera offert sur un plateau à ce Racing. Et ce barrage sera très loin d’être une promenade de santé dans la banlieue parisienne. Narbonne doit déjouer tous les pronostics, faire mentir tous les fins suiveurs du championnat et renverser une équipe qu’elle a déjà battue deux fois cette saison (17-23 et 33-32). Alors les orange et noir, le fameux « jamais deux sans trois » doit être plus que jamais de rigueur.