Par
Thomas Martin
Publié le
1 mai 2026 à 18h34
Lintérêt dans le quartier des Champs-Élysées, c’est de faire quelques pas de côté, et d’abandonner les vitrines qui brillent trop et les tables qui promettent beaucoup pour parfois peu. C’est le cas rue de Bassano où le calme revient. Là où se cache presque Imperial Treasure, un restaurant chic qui a récemment décroché sa première étoile au Guide Michelin.
Une entrée en matière tout en finesse
Depuis peu, à cette table s’écrit un nouveau chapitre avec l’arrivée du chef Gao Xiaosheng, figure respectée de la cuisine Huaiyang, fort de près de quarante ans de métier et d’un parcours entre grandes maisons asiatiques et établissements internationaux.

Le chef Gao Xiaosheng, à la tête des cuisines d’Imperial Treasure, perpétue une tradition chinoise exigeante et précise. (©b-rp)
On s’installe. On est à deux pas du luxe ostentatoire, mais on ne franchit pas la frontière, demeurant dans une élégance contrôlée.
Le dîner commence avec une aubergine laquée, posée sur un riz croustillant, relevée de porc séché. La douceur du légume, le croustillant du riz, la profondeur du porc… tout s’assemble parfaitement.
On enchaîne avec des crêpes de riz vapeur à la crevette. Puis ces raviolis shanghaïens, les fameux xiao long bao. On les approche, on les perce, on goûte. C’est précis, net, sans lourdeur. Une entrée en matière très prometteuse.
Et puis, les vins. Surprise. Des flacons chinois, blancs et rouges, signés Changyu Moser XV. On s’attend à une curiosité. On trouve des jus structurés, étonnamment justes, parfois même bluffants. Le genre de bouteille qui fait vaciller quelques certitudes.
Le canard, ce moment où tout bascule
Mais ici, tout converge vers un moment. Un rituel. Le clou du spectacle : le canard laqué .
Il arrive, préparé en salle, sous vos yeux. Geste précis, découpe nette. La peau, d’abord : caramélisée, tendue, légèrement craquante. Puis la chair : d’une tendreté presque insolente. On compose, on roule, on goûte. Et là, oui, on succombe. C’est ce moment où le silence s’installe à table, où les conversations ralentissent.

Découpé devant les clients, le canard laqué est le clou du spectacle chez Imperial Treasure (©b-rp)
C’est tout ce qu’on attend d’un grand canard laqué : la peau qui claque, la chair qui fond, l’équilibre entre gras, sucre et chaleur. Rien de plus. Rien de moins.
On pourrait s’arrêter là. Mais les desserts refusent de jouer les seconds rôles. Un mochi chinois (13,50 euros), léger, garni de crème fouettée et de dés de mangue, apporte une vraie douceur. Un mariage parfait avec la crème de mangue, pomelo et perles de sagou (14 euros), voisine.
On repart avec une belle impression : celle d’un restaurant qui ne cherche pas à séduire à tout prix mais qui avance, tranquillement, avec ses codes, ses gestes, son histoire.
Imperial Treasure – 44 Rue de Bassano 75008 Paris – 01 58 56 29 13 – Ouvert tous les jours sauf le lundi
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