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Les maternités de la clinique de L’Union, au nord de Toulouse, et de la clinique d’Occitanie, à Muret, vont fermer. À partir du 1er octobre, il n’y aura plus de naissances dans ces deux structures ouvertes dans le milieu des années 1990. L’émotion est palpable chez les salariés.

Un peu plus de trente ans après avoir vu naître ses premiers bébés, la clinique de L’Union, sur la commune de Saint-Jean, à quelques kilomètres au nord de Toulouse, tourne une page. Le groupe Ramsay Santé a fait le choix de fermer la maternité le 30 septembre prochain pour transférer cette activité sur un autre de ses établissements, à 15 minutes de là, à la clinique Croix du Sud, située sur la commune de Quint-Fonsegrives et ouverte en novembre 2018. Au même moment et selon le même calendrier, le groupe Elsan a annoncé la fermeture de la maternité de la clinique d’Occitanie à Muret.

À partir de cet automne, il n’y aura plus d’accouchement à la clinique de L’Union. Les équipes de la maternité sont transférées à la clinique Croix du Sud.

À partir de cet automne, il n’y aura plus d’accouchement à la clinique de L’Union. Les équipes de la maternité sont transférées à la clinique Croix du Sud.
DDM archives illustration – NATHALIE SAINT-AFFRE

À la clinique de L’Union, l’annonce a été officialisée en CSE (comité social et économique) extraordinaire le 21 avril, au motif d’un nombre insuffisant d’accouchements en lien avec la baisse constatée de la natalité. Pour Ramsay, plus grand groupe d’hospitalisation privée en Europe, l’objectif est de passer au-dessus des 2 000 accouchements par an sur son pôle de Toulouse (en 2025, il y a eu 596 naissances à la clinique de L’Union et 1 439 à la clinique Croix du Sud).

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« Les filles se sont battues pour faire vivre ce service et ça avait payé ! »

En plus des équipes médicales, trente salariés sont concernés. La direction leur propose d’intégrer leur nouveau site en conservant leur contrat de travail, leur rémunération et leur ancienneté. « Dans le service, les filles s’y attendaient un peu mais il y a eu beaucoup d’émotion, c’était une onde de choc… Elles se sont battues pendant des années pour faire vivre ce service, elles avaient décroché l’année dernière un label national de qualité et de sécurité de soins… Et ça avait payé puisque l’activité de la maternité a progressé avec 12,1 % d’accouchements en plus entre juillet et décembre 2025 ! », témoignent les représentantes syndicales Joëlle Figiel (CGT) et Marie Massuyes (Sud). L’intersyndicale a demandé une réunion extraordinaire avec la direction le 6 mai prochain,  » pour poser des questions financières et sociales et, peut-être, envisager une expertise plus approfondie ».

« Certaines auxiliaires de puériculture ont fait toutes leur carrière à la clinique, d’autres sont proches de la retraite et souhaitent terminer ici quitte à changer de service et à se former. Intégrer un nouveau service qui compte déjà 40 personnes, ce n’est pas facile. Même si la direction essaye d’être bienveillante, un refus de transfert pourrait être assimilé à une démission », poursuivent les élues du personnel qui ont alerté les maires des communes de L’Union et Saint-Jean.

« Nous pensons aux mamans qui devront aller accoucher plus loin »

Marc Péré, le maire de L’Union, doit les recevoir le 12 mai prochain. « L’annonce de la fermeture de la maternité a été un choc. Nous pensons aux mamans Unionaises qui devront aller accoucher plus loin et aux salariés pour qui ça peut représenter un bouleversement dans l’organisation de la vie quotidienne. C’est aussi, malheureusement, le constat d’un recul général de la qualité et de l’accès aux soins », glisse l’élu.