D’anciens militaires et policiers péruviens auraient été recrutés sur les réseaux sociaux par le biais d’offres d’emploi trompeuses proposant de travailler en Russie comme agents de sécurité ou d’autres postes, avant d’être envoyés sur le front ukrainien.

Le parquet péruvien a annoncé vendredi avoir ouvert une enquête pour trafic présumé d’êtres humains à la suite de plaintes concernant un réseau transnational qui recruterait des Péruviens pour les envoyer sur le front ukrainien. Selon le ministère public, d’anciens militaires et policiers ont ainsi été recrutés sur les réseaux sociaux par le biais d’offres d’emploi trompeuses proposant de travailler en Russie comme agents de sécurité ou d’autres postes.

«Les victimes auraient été transférées en Russie et, une fois sur le territoire étranger, contraintes de participer à des actions de combat dans le cadre du conflit armé entre la Russie et l’Ukraine», indique un communiqué. «Les parquets spécialisés ont immédiatement ordonné l’ouverture d’une enquête préliminaire pour le délit présumé d’atteinte à la dignité humaine, sous la forme de traite d’êtres humains et de traite d’êtres humains aggravée», est-il précisé.


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Pour l’ambassade de Russie au Pérou, ce sont des volontaires

L’avocat des familles, Percy Salinas, a déclaré à la chaîne de télévision N que 13 Péruviens avaient trouvé la mort dans le conflit armé déclenché par l’invasion de l’Ukraine par la Russie lancée en 2022. Selon lui, environ 600 Péruviens se sont rendus en Russie depuis octobre après avoir été recrutés par des promesses trompeuses de salaires compris entre 2000 et 3000 dollars par mois.

Des milliers de combattants étrangers ont rejoint les Russes en Ukraine. Si Moscou a tiré parti de ses liens avec certains pays pour recruter, les autorités de plusieurs pays, notamment en Afrique, ont accusé la Russie d’avoir enrôlé de force leurs ressortissants dans l’armée après les avoir attirés par la ruse. L’ambassade de Russie au Pérou a reconnu jeudi dans un communiqué que certains Péruviens avaient signé des contrats pour servir dans les forces armées russes, affirmant qu’il s’agissait de décisions volontaires.

De son côté, le ministère péruvien des Affaires étrangères a indiqué dans un communiqué avoir demandé mardi de manière formelle au chargé d’affaires de l’ambassade russe à Lima de fournir des informations urgentes sur la localisation et l’état de santé des Péruviens qui «ont décidé de servir dans les forces armées» de ce pays.