Par

Cédric Nithard

Publié le

2 mai 2026 à 9h26

La Métropole de Montpellier a adopté une nouvelle convention tripartite 2026-2029 pour délimiter le cadre d’intervention de la Police Métropolitaine des Transports. À cette occasion, la députée insoumise Nathalie Oziol a remis en cause l’armement des agents.

« Des résultats tangibles »

Cette convention, passée entre la Préfecture de l’Hérault, le Tribunal Judiciaire de Montpellier et la Métropole de Montpellier, vise à déterminer le périmètre d’intervention de la Police Métropolitaine des Transports dans les 31 communes de l’intercommunalité au sein du réseau de la TaM, ainsi que les modalités de coordination avec les forces de sécurité de l’État. Une brigade, créée en 2021 et effective en 2023, afin d’accompagner la mise en place de la gratuité des transports en commun, composée actuellement de 45 agents et financée par la Métropole de Montpellier à hauteur de 2,9M€ en 2026.

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Avec « des résultats extrêmement tangibles » pour le délégué aux finances Renaud Calvat qui met en avant près de 400 interventions uniquement à Castelnau-le-Lez l’an passé et une baisse de la délinquance de 33% en deux ans sur le réseau, selon les données du ministère de l’Intérieur. Sans pour autant s’en contenter. « On peut toujours faire mieux. Il reste encore des incivilités et des difficultés, mais il faut saluer le travail des policiers » observe-t-il en évoquant également le rôle des agents de la TaM qui ont effectué 917 000 contrôles en 2025. « Cela coûte cher de mettre des machines pour faire payer les gens. On a affecté du temps de travail humain à du service public et à l’accompagnement de nos usagers et cela a fonctionné » estime-t-il.

« Ça finit toujours mal »

Remettant en cause l’armement des policiers municipaux, sujet qu’elle a avancé durant la campagne électorale, Nathalie Oziol juge que « on se retrouve avec une brigade surarmée qui est autorisée à faire usage de la force, à réprimer, mais dans un cadre qui n’est pas bien défini et qui reste flou ». Dans le viseur de la députée insoumise et conseillère métropolitaine, les pistolets 9mm. Déjà vent debout sur le même sujet au conseil municipal, cette dernière n’avait pas apprécié la réponse faite par Sébastien Cote lui rétorquant dissuasion et protection face aux menaces qui pèsent sur les policiers. « À ce jeu, il y a plus dissuasif que des pistolets 9mm. Pourquoi ne pas utiliser des fusils d’assaut ? C’est encore plus dissuasif » ironise-t-elle pour « souligner l’absurdité d’un tel raisonnement que d’avoir besoin d’armes pour dissuader des gens de faire preuve d’incivilité » en affirmant : « Ça finit toujours mal ». Un sujet sur lequel le maire insoumis de Saint-Denis Bally Bagayoko a récemment apporté quelques nuances dans une interview au Monde.

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Contestant la mise en avant des 917 000 contrôles réalisés par les agents de la TaM, « ce n’est pas de l’action de lutte contre la délinquance », Nathalie Oziol remet sur la table la vidéo d’une intervention du GSRI ayant fait polémique sur les réseaux sociaux et explique : « Cela nous conforte dans nos inquiétudes de ne pas prendre au sérieux les dérives que peuvent engendrer de telles brigades privées. C’est toujours une logique répressive et rien n’est fait pour penser la médiation et la prévention ».

Sécurité et respect de la règle

Dans cette énième opposition LFI/PS, Michaël Delafosse se chargea de clarifier le désaccord. « Vous êtes pour désarmer les polices municipales. Nous pensons qu’il est nécessaire que nos policiers soient armés ». Le président de la métropole de Montpellier a lui bien expliqué : « Il n’y a pas vocation à en faire un usage régulier, mais aujourd’hui nos policiers municipaux sont aussi des cibles. Si nous souhaitons qu’ils puissent intervenir en tout lieu, en tout point et en toute circonstance, ils doivent avoir les moyens de se défendre » en mettant en avant la formation des agents.

Relevant que « les agents de la TaM sont de moins en moins dans le contrôle et de plus en plus dans la lutte contre les incivilités : soulier sur les banquettes, haut parleur, tabac, alcool », Michaël Delafosse souligne le rôle de la Police Métropolitaine des Transports dans la lutte contre les vols avec rapine ou les pickpockets et évoque « une grande fierté » que la formation à la lutte contre l’outrage sexiste et le harcèlement de rue. « Elle est la première police municipale et métropolitaine de France à avoir constaté l’infraction de ce délit » annonce-t-il, en rappelant également l’existence du bouton SOS sur l’application TaM

Quant au cadre, jugé flou par Nathalie Oziol, de cette convention 2026-2029, le président de la métropole a rappelé qu’elle a été au préalable discutée avec les services de l’État, la Préfecture et le procureur balayant l’idée qu’il s’agit d’une brigade privée. « La sécurité et le respect de la règle est un droit que nous devons à chacun de nos concitoyens » a appuyé Michaël Delafosse. Seuls les six élus de La France Insoumise ont voté contre cette affaire.

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