Titulaire lors des trois premières journées de championnat, et surtout indéboulonnable depuis le déplacement à Albi début mars (défaite 18-17), le Sigeanais de 21 ans s’est octroyé une place au sein du XV de départ du Racing Club Narbonnais. Pour preuve, à l’occasion de ce barrage de Nationale à Massy, Hugo Clauzel est passé devant Axel Muller dans la hiérarchie.

Une surprise forcément aux yeux du grand public. Qui attendait certainement un Axel Muller ou un Branden Holder à cette place. Pour les suiveurs du Racing Club Narbonnais, les assidus du Parc des Sports, et de tous les matches à l’extérieur, la présence d’Hugo Clauzel sur une des deux ailes, ce samedi soir à Massy (20 h), n’est tout sauf une sensation. Après avoir enchaîné les deux matches de préparation cet été, ainsi que les trois premières journées de championnat dans la peau d’un titulaire à l’arrière, le Sigeanais de 21 ans n’est plus sorti du XV de départ audois depuis le déplacement à Albi (défaite 18-17), le 6 mars dernier. Six titularisations consécutives, cinq à l’aile, une à l’arrière, et quatre essais à la clé, dont un doublé contre Rennes.

« Il était indécis parce qu’il ne savait pas s’il allait jouer. Il est extrêmement heureux, il est venu à la maison jeudi, c’était le plus heureux », note son père Benjamin Clauzel. « Nous ne nous appelons pas la veille des matches. Nous parlons déjà rugby tous les jours de la semaine, même parfois des heures, notamment quand c’est dur », confie celui qui a joué jusque très tard et entraîné aussi un moment.

Des moments difficiles, Hugo Clauzel en a vécu un gros durant cette saison. Après le déplacement à Chambéry (défaite 31-17), lors de la troisième journée, l’ailier ou arrière vit quatre mois loin des terrains de Nationale. Deux petits pépins musculaires, une concurrence accrue sur le triangle arrière du Racing, et voilà l’un des plus jeunes de cet effectif ne plus faire partie des choix du staff audois. Il ne rejouera que le 23 janvier à Rouen (défaite 20-19), avant d’enchaîner donc sa série jusqu’à ce samedi. « Il s’est blessé au mauvais moment, il a passé quatre mois très durs. Il a continué de s’accrocher, a tout donné. Il a joué avec les Espoirs, une équipe qu’il adore (six matches, NDLR). Il a de nouveau eu la chance d’y être. Il savait que s’il se loupait, c’était terminé. Il a réussi, il a explosé. La progression est énorme », juge son paternel, qui nous a parlé de la pêche et de la chasse sous-marine, comme des passe-temps favoris de son fils.

« Nous sommes qu’au début de ce que ce garçon peut devenir. Il a un potentiel qui ne demande qu’à exploser »

Dans sa jeune carrière, Hugo Clauzel a été entraîné par un certain Sébastien Buada, qui l’a même « récupéré, lorsque Béziers fait l’erreur de ne pas le rentrer au centre de formation », raconte l’entraîneur des trois-quarts de Biarritz, c’était à l’été 2023. « J’ai sauté sur l’occasion. C’est un garçon qui a énormément de qualités physiques, très costaud, rapide. Il est construit pour être un joueur professionnel. Top 14, Pro D2, je ne sais pas, mais il a ce qu’il faut pour atteindre ces niveaux. Il est hyper courageux, très bon sous les ballons hauts et en défense. Il est aussi capable de gratter des ballons », distille le Narbonnais, qui suit le joueur depuis très longtemps. Et d’abonder : « Je ne suis pas surpris de le voir là. Il a un potentiel qui ne demande qu’à exploser. Il a tout ce que le rugby moderne demande. Nous sommes qu’au début de ce que ce garçon peut devenir. Ce sont les grands matches qui vont le révéler au grand public ».

Peu de joueurs de l’effectif du Racing ont une histoire semblable à celle d’Hugo Clauzel. À quatre ans, il découvre le rugby à Portel-des-Corbières, dans les traces de son père, main dans la main avec son grand-père. Pour un Sigeanais, le orange et noir sont plus que de simples couleurs. « Il rêvait de jouer pour le grand club qu’est Narbonne. La meilleure décision qu’il a pris a été de revenir ici. Son rêve est d’être champion de France et de jouer en Pro D2 avec cette équipe. Je suis vraiment très fier de lui. Toute sa famille est sur un nuage grâce à lui, et est à fond derrière lui », dévoile son père. Sa sœur Lou joue en minimette dans le même club, quand son beau-frère Thomas Canaleta est un des cadres des Espoirs de Béziers.

L’ailier n’a pas besoin de se mettre de pression avant ce barrage de Nationale, juste de rester dans la lignée de ses dernières performances et de faire éclater son talent. Parce qu’Hugo Clauzel n’est pas un invité si surprise que ça dans la composition du Racing.