ENQUÊTE – Placée en redressement judiciaire le 28 avril, l’enseigne mythique du Quartier latin s’est fragilisée progressivement. Longtemps première librairie indépendante généraliste de France, elle tente aujourd’hui de se réinventer.

Dans la grande librairie du boulevard Saint-Michel, l’annonce semble encore flotter entre les étages. Quelques jours après l’annonce du placement du groupe Gibert Joseph en redressement judiciaire, mardi 28 avril, les vendeurs s’interrogent à voix basse dans les couloirs. «Ça veut dire qu’on ne fera plus que de l’occasion ?», murmure l’un d’eux. Autour, pourtant, la vie de la librairie continue. L’ambiance est studieuse. Pas un bruit, ou presque, si ce n’est le ronronnement des escalators qui relient les cinq niveaux du magasin. Deux jeunes hommes déambulent du côté des récits de voyage et débattent de L’Étranger de Camus. Devant les rayons anglophones, on parle anglais. Un peu plus loin, un homme, casque sur les oreilles, reste planté devant l’étagère «réalisateurs», bardée d’ouvrages barrés de l’étiquette jaune «occasion».

Sur le boulevard, en bas, les bacs en bois débordent toujours de livres et de BD, rangés sans ordre apparent. C’est aussi cela, Gibert : la promesse de tomber sur une pépite inespérée. Un régal, pour les habitués…

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Le Figaro

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