L’appel à manifester n’a pas déplacé foules, ce samedi 2 mai 2026. Au lendemain des traditionnels défilés syndicaux ayant réuni un millier de personnes à Nice, le cortège contre la vie chère, rassemblé place Garibaldi en début d’après-midi, n’aura pas excédé vingt participants. Majoritairement des « gilets jaunes ». S’ils se revendiquent apartisans, leurs discours reprennent les antiennes de l’extrême droite, souverainiste et dégagiste.

Michel-Edouard Leclerc met en garde contre une possible hausse des prix de certains produits de supermarché dans les prochains jours.

« Quand on s’est mobilisés la première fois il y a bientôt huit ans, l’essence était à 1,50 euro. Aujourd’hui, on dépasse les 2,10 euros. Où sont les gens ? », se désole Jean Paul, 72 ans, retraité de la manutention. Son indignation sature en réverbérations les terrasses bondées. « Levez-vous ! Vous avez encore de l’argent pour aller au resto ? », s’égosille-t-il avant de supposer que ces « indifférents-méprisants sont biberonnés aux aides de l’État. Il faudrait couper toutes les primes. Que les gens crèvent la dalle. Là, ils sortiraient dans la rue. »

« Baisser les impôts, sortir de l’Europe, revenir au franc… »

À cette saillie, ses collègues en rajoutent : « Réveillez-vous, il faut sortir de l’Europe, s’affranchir de Bruxelles, revenir au franc. Les salaires ne suivent plus ! »

Laurent 58 ans, travaillant dans le bâtiment, fustige « la pompe à fric de l’État. Il faut baisser les impôts, notamment la TVA. » Quitte à dégrader encore plus les services publics ? « La dette est trop lourde. Où vont nos impôts ? » « Pour entretenir le train de vie des élus » et pour « loger les étrangers dans des hôtels », abonde Gabrielle, 63 ans, propriétaire et employée d’une grande surface. « Je ne suis pas raciste », pense-t-elle bon de préciser, en passant devant l’église du Vœu où des dizaines d’immigrés, chaque soir, s’assoupissent dans des tentes et la plus grande précarité. « Les Français d’abord », continue-t-elle de marteler.

En tête de cortège, Béatrice, 62 ans, notaire ayant fait faillite, dénonce « ceux qui vivent au crochet de l’État. » À la taxation des superprofits ou la lutte contre l’évasion fiscale, elle priorise « la chasse à la fraude sociale » (2). La manifestation s’est achevée place Masséna, au milieu des touristes.

(1) La taxe sur la valeur ajoutée représente 20 % du prix des carburants et 35,4 % des recettes fiscales brutes de l’État.

(2) La fraude fiscale fait perdre entre 80 et 120 milliards d’euros par an à l’État, contre 13 milliards pour la fraude sociale dont la moitié pour travail dissimulé.