Le fauteuil de Gaston Defferre, dans les locaux de « La Provence », au sein de l’immeuble « Grand Central » à Marseille.

/ PHOTO DAVID ROSSI

Au 4e étage des bureaux de « La Provence », dans l’immeuble « Grand Central » (1er arrondissement de Marseille), il est toujours là. Le fauteuil en cuir bordeaux, en partie capitonné et juché sur des pieds en bois, trône dans une salle de réunion. Une plaque transparente informe les visiteurs de son passé. « Fauteuil du maire de Marseille, Gaston Defferre. Prêt de la Ville de Marseille. »

L’objet, « un fauteuil de type anglais, faisant penser aux canapés Chesterfield » dixit un antiquaire marseillais, était déjà dans les précédents locaux de « La Provence », au 248 avenue Roger-Salengro (15e). « C’est un décorateur marseillais, Hervé Pouzet des Isles, qui l’a fabriqué dans les années 1970, se remémore Félix Aubry de la Noë, ancien chef de service adjoint au « Provençal ». Il avait fait toute la décoration du bureau de Gaston Defferre. »

Le fauteuil arrive « autour de 1995 » à « La Provence »

Mais ce fauteuil n’était pas vraiment celui dans lequel le maire emblématique de Marseille traitait ses dossiers. « C’était un autre fauteuil de son bureau, qu’il utilisait beaucoup, assure Maurice Di Nocera, ancien collaborateur de Defferre. Le fauteuil était à la mairie, et a été donné au journal sous Robert Vigouroux, autour de 1995. C’était une manière de lui rendre hommage, avec un objet symbolique. »

Des images d’archive montrent ainsi Gaston Defferre s’asseoir dans un fauteuil différent, derrière son bureau de maire, avec des accoudoirs ouverts. Un reportage de France 3, diffusé en 1996, montre même Jean-Claude Gaudin s’asseoir dans celui-ci. « Je puis vous dire que ce fauteuil est historique, mais qu’il n’est pas agréable, lance l’ancien rival. Gaston Defferre l’avait parce qu’il partait comme ça (en arrière, NDLR) pour se reposer. Ce n’est pas très pratique. Je ne l’avais pas changé, parce que je n’ai pas voulu changer ce qui est à mon avis un patrimoine de l’histoire de Marseille. » Celui dans nos locaux, lui, constitue aussi un morceau du patrimoine de « La Provence ».