Par
Rédaction Paris
Publié le
3 mai 2026 à 9h28
C’est une nouvelle étape dans la vie tumultueuse d’un des plus vieux troquets de Paris, très apprécié des amateurs pour ses tarifs imbattables, son ambiance « bonne franquette » et son décor vintage. Créé dans les années 1880, successivement commerce de vins, « vins et charbons », puis bar-restaurant à partir des années 50, le « Vaudésir » -il a pris ce nom en 1993- vit actuellement une transition tout en douceur entre Pierre-Christophe Hantz, 61 ans, qui a relancé l’affaire depuis 25 ans, et Arnaud Tempère, 38 ans, qui y prend peu à peu ses marques.
Ambiance de village
« Mon arrivée s’est jouée un peu par hasard en 2018 », raconte le plus jeune des deux. « J’habitais le quartier et je fréquentais le Vaudésir quand j’ai appris que Pierre-Christophe recherchait quelqu’un pour le service. Même si j’étais plutôt dans la comptabilité et la finance, j’étais en fin de CDD et je recherchais un petit boulot. C’est comme ça que tout a commencé et que je suis passé derrière le bar. Huit ans après j’assure tous les services du soir et j’ai trouvé ma vocation ! »
Comme son devancier, Arnaud est un accro du bistrot, de son mélange des générations et des milieux sociaux et de ses belles rencontres. « En me replongeant dans mes racines familiales, je me suis rendu compte que cette attirance n’était sans doute pas due au hasard », explique-t-il.

Arnaud Tempère et Pierre-Christophe Hantz au comptoir du Vaudésir, bistrot du 14e arrondissement où se prépare une transmission en douceur (©BC)
« Comme Pierre-Christophe, j’ai des origines auvergnates, en Haute-Loire plus précisément, d’où viennent beaucoup de ‘bougnats’. Mon arrière-grand-mère a même tenu un bistrot à Monistrol-sur-Loire, entre Saint-Etienne et Le Puy-en-Velay. Je m’aperçois qu’on retrouve ici un peu la même ambiance de village que dans les bistrots de mon enfance en Haute-Loire, un lieu de rendez-vous entre copains ».
Un novice vite lancé dans le bain
A peine arrivé, le novice est lancé dans le bain. « Il a surtout fallu se faire accepter des habitués que je connaissais peu et qui n’étaient pas de ma génération. Et puis j’ai fait venir mes amis et une clientèle de mon âge qui est devenue fidèle, notamment les mardis et vendredis soir ».
Devenu le bras droit du propriétaire, il a adopté la philosophie de l’endroit. Une carte simple et efficace avec un plat du jour à 9,10€ (ou une quiche maison), des entrées entre 4,50 euros et 6 euros (crudités, terrine, caillette, hareng pommes à l’huile, etc.) et des desserts maison (crème brulée, pousse au chocolat, crumble, etc.) à 4 ,50 euros. Mais aussi une très large gamme de vins à prix très raisonnables (à partir de 18€ la bouteille et de 3,40 euros au verre), des apéritifs anciens, des bières françaises, etc.
Un décor biscornu au charme fou
« Ce qu’on vient aussi chercher ici, c’est une ambiance décontractée et sans chichi où l’on se parle au comptoir et d’une table à l’autre », commente Pierre-Christophe. Le décor biscornu, que les propriétaires successifs ont préservé comme un patrimoine national, joue beaucoup dans le charme de l’endroit : devantures vitrées en bois, vieux zinc en fer à cheval, petite courette intérieure, moulures au plafond, toilettes champêtres…
« C’est un lieu dont j’entends aussi préserver le côté vivant, avec les parties de cartes, les casse-croutes avec les amis, les services que l’on se rend les uns les autres, les relations avec les commerçants et artisans du coin… », souligne Arnaud.

Dans ce bistrot du 14e arrondissement, les ardoises affichent des plats maison et des prix restés très accessibles (©BC)
En un mot, les deux figures du Vaudésir se complètent et l’aîné des deux espère avoir retrouvé en son cadet un repreneur potentiel. « Arnaud a tout à fait l’esprit et les compétences pour reprendre un bistrot de quartier comme celui-ci. Il faut savoir un peu tout faire : de la cuisine, des achats, du bricolage, des comptes », détaille Pierre-Christophe. « Oui, mais il faut surtout aimer les relations humaines », complète Arnaud. « Car c’est bien cela l’âme du bistrot ! »
Bruno CARLHIAN
Le Vaudésir – 41, rue Dareau – 75014 Paris – 01 43 22 03 93
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