À nouveau, Donald Trump souffle le chaud et le froid au sujet de la guerre au Moyen-Orient. Le président américain a annoncé, samedi 2 mai 2026, qu’il allait étudier un nouveau plan de Téhéran de règlement du conflit. Dans le même temps, il a averti qu’il avait peu de chance de l’accepter, laissant planer la menace de nouvelles opérations militaires.
La situation entre les deux pays est toujours dans l’impasse depuis l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu le 8 avril, après quasiment quarante jours de frappes israélo-américaines sur l’Iran et de représailles de Téhéran dans la région. Un responsable militaire iranien, Mohammad Jafar Asadi, a jugé samedi « probable » une reprise de la guerre. Pour rappel, les pourparlers directs avec les États-Unis à Islamabad, (Pakistan) le 11 avril, se sont révélés infructueux, tant les divergences restent fortes, du détroit d’Ormuz au volet nucléaire.
Selon des agences de presse iraniennes, l’Iran a cependant transmis à Washington, via le Pakistan, un plan en quatorze points visant à mettre fin au conflit dans un délai de trente jours. « Je vais bientôt étudier un plan que l’Iran vient de nous transmettre », a annoncé le président américain sur sa plateforme Truth Social, « mais je ne peux m’imaginer qu’il soit acceptable, parce que (les Iraniens) n’ont pas encore payé un prix suffisant pour ce qu’ils ont fait à l’Humanité et au Monde depuis quarante-sept ans », soit depuis la fondation de la République islamique.
Le nucléaire iranien absent du plan de paix
Selon l’agence Tasnim, Téhéran réclame dans ce plan un retrait des forces américaines des zones proches de l’Iran, la levée du blocus des ports iraniens, la levée du gel des avoirs iraniens, le versement de réparations, la levée des sanctions, un « mécanisme » concernant le détroit d’Ormuz et « la fin de la guerre sur tous les fronts y compris au Liban », où Israël a mené une nouvelle série de frappes qui ont fait au moins trois morts, selon l’agence de presse officielle libanaise.
Tasnim ne mentionne pas le dossier nucléaire, question centrale pour les États-Unis et Israël, qui accusent l’Iran de vouloir se doter de la bombe atomique – ce que le pays dément. L’Iran avait déjà transmis cette semaine un nouveau texte via le Pakistan, sans qu’aucun détail ne filtre. Poursuite de la guerre ou voie diplomatique, Téhéran est « prêt » aux deux scénarios et « la balle est dans le camp des États-Unis », a jugé le vice-ministre des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi.
Interrogé par des journalistes samedi soir en Floride, Donald Trump a refusé de préciser ce qui pourrait déclencher de nouvelles opérations militaires contre l’Iran. « S’ils se conduisent mal, s’ils font quelque chose de mal, mais pour l’instant, on verra », a-t-il déclaré. « Mais c’est certainement une possibilité. »
« Les gens essayent de tenir le coup »
En Iran, si la population a pu renouer à la faveur de la trêve avec une certaine normalité, le quotidien est plombé par l’inflation et le chômage qui explosent, dans un pays déjà affaibli par des décennies de sanctions internationales.
Amir, 40 ans, raconte débuter sa journée en « regardant les infos et les nouvelles d’exécutions ». La justice iranienne a encore annoncé samedi la pendaison de deux hommes accusés d’espionnage au profit d’Israël. « Les gens essaient de tenir le coup mais on voit bien qu’ils sont en train de s’effondrer », dit-il, racontant avoir « des crises de panique six fois par jour ».
Pour l’Iran, Washington a le choix entre une opération « impossible » et « un mauvais accord »
Dans un communiqué relayé par la télévision d’État, les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, déclarent que Donald « Trump doit choisir entre “ une opération impossible ou un mauvais accord ” », invoquant un « changement de ton » de la Chine, la Russie et l’Europe envers Washington, ainsi qu’un « ultimatum » concernant le blocus américain des ports iraniens.