Toulon s’est incliné 29-25 face au Leinster en demi-finale de Champions Cup à Dublin. Trop pénalisés et dominés en mêlée, les Varois ont raté leur temps fort en supériorité numérique. Malgré une fin de match de folie, ils échouent de peu. Le Leinster file en finale.
Le rêve s’achève. Les Toulonnais ont vu leur rêve européen s’arrêter en demi-finale de Champions Cup. Battu par le Leinster (29-25) à Dublin, le RCT a longtemps subi la loi irlandaise avant de terminer la rencontre sur un sursaut tardif. Trop irrégulier dans l’exécution et dominé dans les zones d’impact, le club varois quitte la Champions Cup avec des regrets, incapable de renverser un scénario mal engagé.
Dès les premières minutes, le Leinster impose son tempo. Jack Conan ouvre le score en force après un ballon porté parfaitement exécuté, symbole d’une entame maîtrisée. Les Irlandais occupent le camp toulonnais et enchaînent les séquences structurées, mêlant puissance et vitesse d’exécution.
Toulon tente de résister, notamment grâce à une pénalité de Melvyn Jaminet, mais subit globalement la pression. Josh van der Flier vient logiquement concrétiser la domination du Leinster avec un deuxième essai, confirmant la difficulté du RCT à contenir les assauts adverses.
Un sursaut varois avant la pause
Temporairement à 15 contre 13 après deux cartons jaunes côté irlandais, les Toulonnais profitent d’un temps fort pour réagir. Setareki Tuicuvu conclut une action bien menée en bout de ligne, permettant au RCT de rester au contact à la pause (14-11).
À ce moment du match, Toulon peut encore croire à l’exploit. Mais l’impression reste fragile, tant la maîtrise globale du Leinster sur les phases de conquête et les sorties de camp semble supérieure.
Une supériorité numérique mal exploitée
Le début de seconde période change totalement la dynamique. En supériorité numérique, Toulon manque une opportunité majeure. Une mauvaise gestion du renvoi et une chandelle approximative ouvrent la porte au Leinster, qui s’installe immédiatement dans les 22 mètres varois.
Gary Ringrose en profite pour inscrire un troisième essai, cassant net l’élan toulonnais. Ce moment apparaît comme le tournant du match, au lieu de revenir dans la partie, le RCT encaisse un coup psychologique lourd.
La mêlée, symbole des difficultés toulonnaises
Tout au long de la rencontre, la mêlée toulonnaise a souffert. Pénalisé à plusieurs reprises dans ce secteur, le RCT a subi la puissance et la stabilité du pack irlandais. Même en l’absence de cadres habituels côté Leinster, la supériorité technique et collective reste nette.
Ces fautes répétées ont offert au Leinster des munitions précieuses pour installer son jeu dans le camp adverse, contrôler le rythme et étouffer progressivement les intentions varoises.
En seconde période, Caelan Doris enfonce le clou avec un nouvel essai en force, portant le score à 29-11. Le break est fait, et la finale semble acquise pour les Irlandais, quadruples vainqueurs de la compétition.
Pourtant, Toulon ne renonce pas. Porté par son banc, le RCT réagit enfin. Baptiste Serin puis Gaël Dréan relancent totalement la fin de match avec deux essais coup sur coup. À 29-25, l’écart se resserre et le doute s’installe brièvement dans les tribunes de l’Aviva Stadium.
Des regrets, mais une élimination logique
Dans les dernières minutes, une percée de Dréan fait frissonner le Leinster, mais une passe après-contact manquée met fin aux derniers espoirs toulonnais. Le RCT échoue finalement à quatre points, mais l’écart aurait pu être bien plus lourd sans ce sursaut final.
Cette élimination laisse un goût amer. Trop pénalisé, dominé en mêlée et irrégulier dans les moments clés, Toulon n’a jamais totalement réussi à imposer son plan de jeu. Le Leinster, sans être irrésistible, a su gérer ses temps forts avec maîtrise et efficacité.
Le Leinster retrouvera la finale de Champions Cup le 23 mai à Bilbao face au vainqueur d’Union Bordeaux-Bègles – Bath. Toulon, lui, tourne la page européenne et doit désormais se recentrer sur le championnat.
Huitième du Top 14, le RCT reste sous pression dans la course au top 6. Une fin de saison sous tension attend les hommes de Pierre Mignoni, avec un objectif clair, transformer les regrets européens en rebond domestique.