Le Stade Brestois n’en finit plus de couler en cette fin de saison, en particulier à l’extérieur. Il a subi, ce dimanche 3 mai, sa plus lourde de défaite de la saison face au Paris FC (0-4). La faute à une « première mi-temps pourrie », selon Éric Roy, qui ne mâche pas ses mots à l’encontre de ses joueurs.

Avez-vous des mots après un tel match ?

Oui il y a des mots, d’insuffisance, de limite. Je loue souvent l’état d’esprit de mon équipe, mais je ne l’ai pas retrouvé. La première mi-temps était catastrophique avec ou sans ballon. L’objectif était de retrouver un peu de stabilité défensive. Prendre deux buts sur corners, après des cafouillages, ça signifie qu’on avait une équipe en face qui avait plus envie, plus déterminée. Je pense que certains ont peut-être arrêté leur championnat il y a cinq matches, quand on s’est maintenu. C’est dommage, on aurait peut-être dû valoriser cette période. On a été incapable de le faire, de prendre du plaisir.

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À Brest, on a connu des saisons, où à cette époque de l’année on jouait avec le trouillomètre à zéro, où il fallait prendre des points. Tu joues la vie de ton club. Là, il n’y a rien à jouer, juste se faire plaisir, il n’y a qu’à mettre une bande de copains sur le terrain, tu ne devrais rien avoir à leur dire, après éclatez-vous.

C’est moins pire en deuxième mi-temps ?

On peut dire qu’elle est meilleure, on a l’occasion de faire le 2-1 qui nous aurait peut-être relancés. Mais à partir du moment où tu ne mets pas les ingrédients et que tu n’as pas les valeurs qui sont les tiennes, tu ne le marques pas ce but. Même si on a trois fois l’opportunité de faire le 2-1… C’est décevant, c’est triste. Il est évident que ça ne me plaît pas, car ce n’est pas l’image que je veux donner de mon équipe.

Trop permissifs

Est-ce que cela provoque chez vous une forme de lassitude ?

Par rapport à ça oui, forcément. Car on répète, on répète. On essaye de changer le discours. Mais est-ce que ce n’est pas l’ADN de notre équipe, car il y a beaucoup de joueurs qui ne seront pas là l’année prochaine. On le sait déjà. Il y a beaucoup de joueurs prêtés. Des joueurs aussi qui ne savent pas trop de quoi leur avenir sera fait. Cette démobilisation, on peut la comprendre, même si je ne l’admets pas.

Est-ce une faillite des cadres ?

Ceux qui nous ont laissés à flot longtemps sont en dessous aujourd’hui. Ils sont tous pas à leur top niveau et ça s’en ressent. Dès que tu as quelques joueurs absents, c’est plus compliqué. Après globalement, avec un peu de détermination, en faisant la même première mi-temps aussi, tu ne dois pas prendre le premier but sur le corner. Sur le deuxième, sur un renvoi de la tête, tu ne dois pas être mis hors de position, ce n’est pas possible. C’est trop facile, tu es trop permissif.

Il y a des équipes que tu ne vois pas faire des grands matches, avoir du déchet comme on a eu, mais qui sont beaucoup plus méchantes, agressives et avec la volonté de défendre leur but. Nous, ce n’est pas le cas. Le 3e but, c’est encore, corner, cafouillage, but. Ça clôture le match, le 4e est anecdotique. Ce ne sont pas des bons signes.

Il y a peu de maîtrise du jeu et des difficultés à garder le ballon ?

On a été catastrophique avec et sans ballon. Quand on avait le ballon, on n’arrivait pas à faire trois passes d’affilée et quand on ne l’avait pas, on n’arrivait pas à défendre.

Cette fin de saison va être longue ?

Non, il reste deux semaines. Ce n’est pas si long. Il reste trois matches. La seule question est de savoir comment les joueurs veulent les passer ensemble ces deux semaines. On fait le maximum pour préparer les matches, en leur donnant un plan de jeu, des choses à faire, à éviter. Après, ce sont eux qui ont le manche sur le terrain, mais ils ne l’actionnent pas bien.