Ligue 1 (32e journée). Paris FC – Stade Brestois : 4-0Une défense trop fragile
C’était le 1er mars à Metz (victoire 0-1), lors de la 24e journée. Deux mois plus tard, le Stade Brestois enchaîne les déplacements infructueux, avec pour point commun une défense souvent malmenée rapidement. Ce fut encore le cas, ce dimanche après-midi à Jean-Bouin. Dès la fin de premier quart d’heure, le jeune milieu parisien Matondo trouvait la faille dans la défense bretonne pour tromper Coudert (13′). Quelques minutes plus tard, après d’autres brèches écopées à la hâte, Geubbels renvoyait le novice Le Guen à ses chères études pour aller marquer encore (20′). Avec ce double handicap, si tôt dans la partie, c’est compliqué derrière forcément.
Le troisième but de Matondo, encore lui, suite à un corner mal dégagé, a confirmé cette impression de fragilité défensive. Idem pour le quatrième, marqué de près par l’entrant Koleosho (89′). L’absence de plusieurs titulaires habituels (Coulibaly dans l’axe, Guindo et Locko à gauche) dans ce secteur a obligé l’entraîneur Eric Roy à bricoler, avec Zogbé à gauche et Lala à droite, mais aurait-ce été différent avec un onze plus classique ? Pas si sûr…
Trop peu de projection vers l’avant
Car le vrai problème brestois, depuis plusieurs semaines maintenant, c’est la mentalité affichée sur le terrain. L’équipe subit car elle ne sait plus utiliser le ballon, ni se projeter vers l’avant. Comme à Nantes, il y a quinze jours, ou Auxerre, le 21 mars, le SB29 n’a montré aucune envie – ou si peu – de porter le danger devant le but adverse. Et pourtant, à Le Blé, l’équipe sait y faire, comme elle l’a prouvé face à Lens (elle menait 3-0 à la pause avant de se faire rejoindre), la semaine passée.
Habituels ratisseurs de ballons, Magnetti et Chotard n’ont pas influé dans l’entrejeu pour servir les trois joueurs offensifs titulaires : Labeau-Lascary, Ajorque et Del Castillo. Si le premier cité s’est créé une belle opportunité -gâchée- à la 58′, les deux autres ont été fantomatiques, une fois de plus. Quand on connaît leurs qualités respectives pour tromper les défenses en Ligue 1, on ne peut que s’interroger sur leur motivation actuelle. Et plus généralement de toute cette équipe en roue libre qui enchaîne les prestations indigentes hors de ses bases.
Une glissade non maîtrisée au classement
Restant sur cinq matchs sans succès (trois défaites puis deux nuls), le Stade Brestois a porté à six cette série peu glorieuse en championnat, qui a forcément des conséquences au classement de Ligue 1. Aux portes de l’Europe à la fin de l’hiver, le club finistérien est depuis à la dérive, dans le ventre mou. Le voici 12e avec 38 points. Rien de dramatique dans l’optique du bas de tableau (Auxerre, barragiste, pointe à dix longueurs), mais quand même.
À ce rythme-là, digne d’un relégable depuis début mars, un constat s’impose : heureusement que Brest avait fait le nécessaire auparavant pour s’assurer une huitième saison de suite au sein de l’élite nationale. Il faudra s’en contenter, à moins d’un sursaut d’orgueil lors des trois derniers rendez-vous (au PSG, face à Strasbourg puis Angers à Le Blé) pour égayer ce dénouement de moins en moins enthousiasmant.
La fiche technique
Arbitre : M. Bollengier.
BUTS. Paris FC : Matondo (13′, 67′), Geubbels (20′), Koleosho (89′).
Avertissements. Paris FC : Traoré (24′), Mbow (35′) ; Brest : Chardonnet (26′).
PARIS FC : Trapp – Traoré (Ollila 85′), Coppola, Mbow (cap), Sangui – Munetsi, Matondo (Marchetti 77′) – Ikoné (Immobile 77′), Kebbal (Lopez 65′), Simon – Geubbels (Koleosho 65′). Non entrés en jeu : Nkambadio, Otavio, Camara, Gory. Entraîneur : Antoine Kombouaré.
BREST : Coudert – Lala, Chardonnet (cap.), Le Guen, Zogbé – Magnetti (Doumbia (70′), Tousart (60′), Chotard (Mboup 83′) – Del Castillo (Baldé 71′), Labeau-Lascary (Dina Ebimbe 60′), Ajorque. Non entrés en jeu : Jauny, Majecki, Diaz, Diop. Entraîneur : Eric Roy.