Depuis le 1er mai 2026, l’Allemagne
réduit de 17 centimes par litre sa taxe énergétique sur l’essence
et le diesel. Entre prix repassés sous 2 €/l et files de
frontaliers alsaciens, cette offensive fiscale bouscule le
quotidien à la pompe.
Des files de voitures qui s’étirent dès l’aube, des
automobilistes qui patientent sans râler, et des prix qui repassent
sous la barre symbolique des 2 €/l. En Allemagne, les
stations-service près de la frontière ne désemplissent plus depuis
la mise en place d’un important rabais fiscal sur les
carburants, alors que les prix ont grimpé en
moyenne de 13,5 % dans l’Union Européenne entre
février et mars 2026.
Au même moment, de nombreux conducteurs français ont encore en
tête des pleins facturés plus de 2,40 €/l. De l’autre côté du Rhin,
Berlin a choisi de jouer sur les taxes pour alléger la note à la
pompe pendant deux mois, ce qui change très concrètement la donne
pour les automobilistes allemands… et
pour les frontaliers. Reste à comprendre comment cette
baisse fonctionne, et jusqu’où elle fait vraiment reculer les
prix.
En Allemagne, une baisse des taxes carburant de 17 centimes
pour casser la flambée
Mi-avril, face à la flambée des prix liée à la guerre en Iran,
le gouvernement de Friedrich Merz a décidé d’abaisser
temporairement l’une des taxes qui pèsent sur les
carburants en Allemagne. Berlin a choisi de
réduire la taxe sur les produits pétroliers, l’équivalent de la
taxe énergétique sur l’essence et le diesel, pour offrir un rabais
d’environ 17 centimes par litre. La mesure est
prévue pour deux mois, du début mai à la fin juin 2026, et
représente un coup de pouce supérieur à un milliard et demi d’euros
pour les finances publiques, soit environ 1,6 milliard d’euros (1,9
milliard de dollars).
Concrètement, le dispositif s’est appliqué dès le samedi
2 mai. À Oldenburg, en Basse-Saxe, une station a vu dès le
matin se former de longues files de voitures. « Mon réservoir
était vide, j’en profite et je vais faire aussi le plein de ma
deuxième voiture », confie un automobiliste,
cité par France 2. À Stuttgart, dans le Bade-Wurtemberg, le
changement d’ambiance est tout aussi net. « Les gens sont
soulagés par nos tarifs maintenant. Ils sont vraiment très contents
quand ils arrivent », assure Daniele Augelli, employé de
station-service. Pour l’exploitant Diethelm Jaspers, l’objectif est
clair : « Si nous obtenons des prix normaux, cela est bon pour
nous et pour nos clients. Les gens peuvent continuer à rouler sans
que cela ne pèse trop sur leurs finances ».
Des prix repassés sous 2 €/l… et un vrai appel d’air pour les
frontaliers français
Selon les données publiées en Allemagne, la baisse des taxes
d’environ 17 centimes par litre a entraîné une chute moyenne
d’environ 13 centimes par litre entre le 30 avril et le 1er mai.
L’office fédéral anticartel, le Bundeskartellamt, a relevé que la
baisse réelle à la pompe restait donc légèrement inférieure
au rabais fiscal théorique. Les prix moyens observés
tournent alors autour de 2,06 €/l pour le diesel, 2,03 €/l pour le
super E5 et 1,97 €/l pour le super E10. Dans de
nombreuses stations, les totems d’affichage repassent sous les
2 €/l, ce qui suffit à changer le ressenti des automobilistes.
« C’est enfin sous les deux euros. Mon ami m’a prévenue de la
baisse, et je suis tout de suite venue », glisse une
conductrice ravie.
Pour les frontaliers alsaciens, l’écart devient
spectaculaire. Certains témoignent avoir payé « 2,47 euros il
n’y a pas longtemps, quand j’ai fait le plein. Il y a vraiment une
grosse différence ». Face aux nouvelles grilles affichées côté
allemand, la comparaison est immédiate. « C’est vrai que là on
voit le prix 1,92 euro pour le sans-plomb, c’est beaucoup moins
cher que chez nous », reconnaît un autre automobiliste. Une
conductrice résume ce qu’elle voit sur la borne : « C’est
toujours bien de voir que c’est moins de 2 euros. Je m’attendais à
payer, 2,8 ou 2,10 euros, un truc comme ça. Et en fait, c’est 1,92
euro ». Entre 2,47 €/l en France et 1,92 €/l en
Allemagne, l’écart atteint 0,55 €/l, soit environ 27,50 €
d’économie sur un plein de 50 litres, un chiffre qui parle
immédiatement aux automobilistes du Grand Est.