Isabelle Quanquoit, de l'Hyper U de Guichen

Crédit : Noëlline Garon

Quelle est l’empreinte carbone de notre chariot de courses ? Pour la première fois en France, une expérimentation est menée dans un supermarché, près de Rennes, à l’Hyper U de Guichen. On reçoit par mail, avec le ticket de caisse, le bilan carbone de nos achats. Un indicateur global calculé par Tickarbone, une société finistérienne.

 

Un ordre de grandeur déjà intéressant

 

Le calcul repose sur des données moyennes fournies par l’ADEME, couvrant près de 3 000 catégories de produits. Chaque catégorie — des biscuits aux différentes pièces de viande — est associée à une estimation d’émissions. Cette méthode permet d’obtenir un ordre de grandeur, même si une marge d’erreur d’environ 30 % subsiste.

Malgré ces limites, l’objectif est d’apporter une première information là où il n’en existait pas, selon Guillaume Dersrocques, fondateur et dirigeant. « En fait, l’ADEME  fait ce travail d’aller chercher statistiquement ces valeurs depuis 2016. En France, en distribution, quand vous avez un paquet de cookies, statistiquement, les recettes vont être assez proches les unes des autres. Les provenances aussi, comme les emballages. Ensuite, il y a des différences qui vont apparaître entre les produits. Mais il y en aura moins, par exemple, entre deux paquets de cookies qu’entre un paquet de cookies et une salade ou même un saucisson. »

Guillaume Desrocques

Crédit : Noëlline Garon

L’analyse montre que les principales sources d’émissions proviennent de l’agriculture et de la transformation des produits, qui représentent à elles seules près de 60 % du total. Le transport, souvent perçu comme central, arrive derrière, suivi de l’emballage. La phase de consommation et de gestion des déchets reste marginale, autour de 1,5 %, avec des variations selon les produits.

Si les clients sont globalement informés de cette initiative, peu ont encore consulté leur bilan carbone.

 

Demain des données encore plus précises

 

L’enseigne envisage donc d’aller plus loin en affichant directement en rayon l’empreinte environnementale des produits, à l’image du Nutri-Score. À terme, l’objectif serait de proposer des données encore plus précises, basées sur l’analyse du cycle de vie, afin de mieux valoriser les produits et les pratiques les plus respectueux de l’environnement.

Cette démarche vise à encourager des choix de consommation plus éclairés, en montrant par exemple les différences d’impact entre des produits similaires. Tickarbone ambitionne ainsi de sensibiliser au moins 5 % des clients de la grande distribution d’ici 2028.

D’autres expérimentations pourraient prochainement voir le jour, notamment dans le Finistère.