Par
Leia Poundall
Publié le
4 mai 2026 à 16h36
L’affaire du Château Belmar devait être jugée au tribunal du Mans (Sarthe), jeudi 30 avril 2026. Elle a finalement été reportée aux 22 et 23 juin, à la demande des avocats de la défense.
Dans la salle, de nombreuses victimes avaient fait le déplacement. Elles devront revenir.
« C’est de la tartuferie »
Roland est l’une des victimes et a investi 30 000 euros dans le Groupement foncier viticole (GFV) du Château Belmar (Orne). « Je découvre la justice », confie-t-il, résigné. Pour lui comme tous les autres associés, l’attente de cette audience était bouillonnante.
Quand ils ont découvert la possibilité d’un renvoi, cela a été démoralisant. « C’est de la tartuferie », clament Jacques Laurans et sa compagne au sujet du renvoi, « On ne peut rien dire. Qui s’inquiète de la partie civile ? », lancent-ils, en colère.
Des déplacements coûteux
Les plaignants sont disséminés dans toute la France. Certains se sont libérés de leurs obligations pour assister à l’audience. Pascal Campion habite dans l’Oise.
J’ai trois heures de route pour venir au Mans. J’ai pris une chambre d’hôtel pour assister à l’audience.
Pascal Campion, victime de l’escroquerie du couple Russel-Grasset.
Un coût dont il se serait bien passé.
Une confiance abusée
Comme tant d’autres, Pascal Campion a lui aussi fait confiance aux deux ex-gérants du Château Belmar. « C’était une publicité dans un journal. Ça semblait fiable comme c’était affilié à une banque », raconte l’homme. « Je suis même venu visiter le domaine une journée en amont ». Investir dans la terre, le vin, un projet défendu par un homme affable et fin connaisseur : le projet était tentant.
Une colère tangible
Dans le hall du tribunal, autre victime ne cache pas sa colère face au couple Grasset-Russel.
J’attends qu’ils aillent en taule. Ils n’ont pas eu de scrupule à nous voler, nous n’en aurons pas non plus.
Parti civil.
Des victimes vulnérables
Les plaignants dénoncent le ciblage des personnes vulnérables. Parmi elles, il y a une victime de 97 ans.
Ce sont des personnes âgées, qui vont peut-être bientôt mourir. Elles ne pourront probablement même pas être là s’il y a un renvoi. Il y a une jeune femme qui est venue à la place de son père décédé.
Parti civil
Une autre victime, une femme récemment veuve et résidant en Alsace, a également été ciblée. Malgré une interdiction de contact, elle aurait échangé avec Grégory Russel. Selon son avocate, Maître Roth, elle a investi près de 190 000 euros dans les parts du GFV du Perche. Puis accordé des prêts à titre personnel au gérant.
Des profils similaires et une colère commune, la partie civile sera de nouveau convié les 22 et 23 juin au tribunal judiciaire du Mans pour une nouvelle audience.
Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.