Adama Bamba
04 Mai 2026•Mise à jour: 04 Mai 2026
AA / Istanbul / Adama Bamba
Le Premier ministre français Sébastien Lecornu a annoncé lundi que les recettes issues des taxes sur les carburants ont généré un surplus de 190 millions d’euros en mars et avril par rapport à la même période l’an dernier.
Dans un communiqué relayé par la presse française, le chef du gouvernement a précisé que ce montant supplémentaire sera entièrement réaffecté au financement des aides déjà mises en place par l’État.
« Ce surplus ne sera pas conservé par l’État : il financera intégralement les 380 millions d’euros d’aides déjà annoncées », a-t-il indiqué.
Selon lui, cette hausse des recettes s’explique principalement par l’augmentation des prix à la pompe, entraînant mécaniquement une progression de la TVA perçue. « La crise énergétique liée à la guerre en Iran ne doit enrichir personne », a-t-il insisté.
Plus tôt dans la journée, le président français Emmanuel Macron a évoqué la possibilité d’une réponse européenne en cas de « profits excessifs » ou de comportements jugés spéculatifs sur les marchés énergétiques.
Toutefois, le chef de l’État a estimé qu’« il n’y a pas de producteurs en train de faire beaucoup d’argent et faire monter le prix à dessein », pointant plutôt les tensions géopolitiques comme principale cause de la hausse des prix.
Depuis Erevan, où il participait à un sommet de la Communauté politique européenne, Emmanuel Macron a notamment mis en avant la fermeture prolongée du détroit d’Ormuz comme facteur clé de la crise actuelle.
Dans ce contexte, les résultats financiers du groupe TotalEnergies au premier trimestre ont relancé le débat politique sur une éventuelle taxation des bénéfices exceptionnels. Plusieurs formations, dont le Parti socialiste et le Rassemblement national, plaident pour l’instauration d’une telle mesure.
Pour l’heure, le gouvernement n’envisage pas de taxe spécifique sur les entreprises pétrolières. Sébastien Lecornu a néanmoins appelé le groupe TotalEnergies à maintenir un plafonnement « généreux » des prix à la pompe afin de redistribuer une partie des surprofits.
Le géant énergétique limite actuellement en France le prix du sans-plomb à 1,99 euro le litre et celui du diesel à 2,09 euros, une politique qu’il prévoit de maintenir tant que durera la crise énergétique liée aux tensions au Moyen-Orient.