17 personnes avaient comparu en janvier dernier pour avoir participé à différents niveaux à un trafic vers l’Asie de civelles, les alevins d’anguille, une espèce en danger critique d’extinction. Ce lundi 4 mai, le tribunal judiciaire de Bordeaux a condamné tous les prévenus, celui considéré comme le responsable du réseau écopant de deux ans d’emprisonnement.
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La Rédaction
Publié le 4 mai 2026 ·
Imprimé le 4 mai 2026 à 23h00 ·
1 minute
De mars à mai 2019, un réseau international de trafiquants avait transporté près d’une tonne de civelles entre le Portugal, la France, la Chine ou encore le Vietnam, pour un butin estimé à plus d’un million d’euros. L’alevin d’anguille, espèce classée en danger critique d’extinction, se négocie en effet entre 700 et 900 € le kilo en France, et jusqu’à 5000 € en Asie.
Suite à une interpellation par la brigade d’Arcachon d’une « mule » transportant 68 kilos de civelles, une enquête du SEJF de Bordeaux (service d’enquête judiciaire des finances, devenu Office national anti-fraude des douanes) avait permis l’arrestation de 17 personnes, principalement d’origine chinoise.
Jugées mi-janvier par le tribunal correctionnel de Bordeaux, elles ont toutes été condamnées ce lundi 4 mai à des peines d’emprisonnement, allant jusqu’à deux ans pour le responsable du réseau. Le parquet avait requis jusqu’à 6 ans de prison. Les dommages et intérêts à verser aux parties civiles atteignent un montant de 552 000 euros, dont 450 000 au titre du préjudice écologique.
Préjudice écologique
« La quantité d’anguille présente dans les eaux françaises a chuté de 75% en 30 ans », rappelle France Nature Environnement, le réseau d’associations partie civile dans ce procès. Pour sa juriste, Anne Roques, « ce trafic est l’une des causes qui menace tout simplement la survie de l’espèce, avec la pêche légale, les obstacles dans les cours d’eau, et les polluants ».
L’an dernier, d’autres trafiquants ont été jugés ailleurs en France pour des faits similaires, notamment des pêcheurs de Vendée et de Charente-Maritime condamnés en décembre 2025 à de la prison avec sursis, à des amendes et à l’interdiction d’exercer leur profession, en raison du « préjudice écologique irréparable ».